Un regard neuf sur de vieux dossiers

Un regard neuf sur de vieux dossiers

Conformément aux dispositions de l’article 7 du Dahir portant sur la réorganisation du CCDH, SM Mohammed VI a approuvé la proposition de Omar Azziman, président du Conseil, en ce qui concerne la composition de l’instance «Equité et Réconciliation» qui sera présidée par Driss Benzekri, secrétaire général du CCDH, membre fondateur du forum «Justice et Vérité» et ancien président de cet organisme. L’Instance est composée à parts égales de huit membres issus du CCDH et de huit personnalités extérieures au Conseil. Parmi les huit membres appartenant au CCDH, il y a lieu de citer M’barek Bouderka, alias Abbès, né en 1948 à Ida ou Gnidif (Tafraout), réfugié politique à l’étranger de 1973 à 2001, avocat et membre de la Commission administrative de l’Union Socialiste des Forces Populaires ; il est connu pour ses rapports étroits avec l’ancien Premier ministre Abderrahman Youssoufi et Mohamed Fkih Basri. Latifa Jbabdi, la présidente de l’Union de l’action féminine, figure également parmi les membres de cette instance. Née le 26 janvier 1955 à Tiznit, Mme Jbabdi a été condamnée à trois années en prison, de 1977 à 1980, à l’issue du procès du Groupe de Meknès. En 1983, elle préside l’Union de l’action féminine et dirige «8 mars», un journal consacré à la cause féminine. Membre du Bureau politique du PSD (Parti socialiste démocrate), elle est nommée, en 1998, ambassadeur de la société civile auprès de la commission des Nations unies pour les droits de l’Homme et coordinatrice de la marche mondiale des femmes pour le Maroc et le monde arabe. Le politologue Mohamed Berdouzi fait également partie de l’instance. Tout en étant titulaire d’un doctorat d’Etat en droit public et sciences politiques, il est universitaire et consultant en systèmes de formation, politiques publiques et stratégies de développement institutionnel, M. Berdouzi est membre fondateur du courant radical, Ilal Amam, et ancien détenu d’opinion. En plus de Ahmed Chaouki Benyoub, vice-président de l’OMDH, Abdelaziz Benzakour et Mustapha Raissouni, anciens présidents de l’Association des Barreaux du Maroc, de l’universitaire Mahjoub El Haiba, il y a lieu d’évoquer la présence du journaliste Mustapha Iznasni, membre fondateur de l’OMDH. D’un autre côté, parmi les personnalités extérieures au CCDH, on trouve Abdellatif Mennouni, magistrat au conseil Constitutionnel, professeur de croit constitutionnel, auteur d’un livre sur le syndicalisme marocain, et l’historien Brahim Boutaleb, ancien doyen de la faculté des lettres de Rabat, et ancien député de l’USFP. Les six autres personnes sont : Mae El Aïnaine, Premier président de la Cour d’appel de Laâyoune, Abdelhay Mouedden, enseignant universitaire en sciences politiques, Mohamed Nechnach, médecin, membre du Comité international de la Croix et du Croissant Rouges, Abdelaziz Bennani, ex-président de l’OMDH, dirigeant du réseau euro-mediterranéen des droits de l’Homme, Salah El Ouadie, membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel, et Driss Yazami, vice-président de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH). Ce dernier a eu, récemment, des problèmes avec le CCDH au sujet de propos tenus par son secrétaire général, Driss Benzekri, publiés dans le journal «Le Matin», qualifiant de petites mafias certaines ONG oeuvrant dans le domaine des droits de l’Homme. Les divergences surmontées, M. Yazami est désormais membre d’un organisme qui aura à trancher dans les questions portant sur les séquelles des années de plomb. L’instance «Equité et Réconciliation» dispose de neuf mois pour tourner définitivement cette page de l’histoire du Maroc, et probablement d’un trimestre supplémentaire. SM le Roi Mohammed VI procédera ultérieurement à l’installation officielle de l’instance « Equité et Réconciliation ». Les membres de cette dernière se doivent donc de retrousser leurs manches en vue d’accomplir leur mission dans de bonnes conditions et dans des délais convenables, sachant que le travail le plus important est déjà fait, que le CCDH a, jusqu’à présent, examiné plus de 6.000 dossiers et que 85 % des personnes concernées ont été indemnisées. Les prérogatives dont dispose l’instance lui permettent d’interroger différents responsables et de s’enquérir des dossiers dont elle a besoin. Ce n’est donc pas à un pur hasard si d’anciens exilés et détenus d’opinion, directement impliqués dans certains faits relevant du passé, y sont représentés. La plupart d’entre eux sont soit témoins de faits ou exerçant des professions leur permettant d’y apporter les éclairages nécessaires (anciens détenus ou exilés, politologues, médecins, historiens…). Leur contribution est d’une importance capitale.

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