Un séminaire pour aller plus loin

Un séminaire pour aller plus loin

Quand Aujourd’hui Le Maroc décide de s’interroger sur ses acquis et sur son développement, ce sont près de cinquante collaborateurs qui se retrouvent à Essaouira dans un palace digne d’eux. La tradition ALM, qui consiste à organiser un séminaire de ce type chaque année, est respectée. Pour sa cinquième année d’existence, le quotidien a placé son séminaire sous le double signe de L’excellence et de la transversalité.
Autrement dit : tous les départements réunis, tous les métiers rassemblés pour produire un journal dans un esprit de cohésion et de complicité renforcés. Jeudi 18 janvier, le journal bouclé plus tôt pour la circonstance, les équipes prennent place à bord du car spécialement affrété ! Il fait un soleil de vacances sur Casablanca, les conditions météorologiques donnent déjà le ton… En route vers Essaouira !
Première condition d’un séminaire réussi, la décontraction et la convivialité ! Passés les premiers kilomètres, le temps pour chacun de prendre conscience de la réalité de ce voyage de rupture avec les contraintes de la presse quotidienne, l’atmosphère se métamorphose radicalement. Ce métier donne rarement le temps, en effet, de se poser des questions sur ce que l’on fait et ce que l’on est, sous la pression impitoyable des urgences de la collecte, du traitement et de la mise en forme de l’information, et sous l’aiguillon des nécessités de prospection commerciale, ce à quoi viennent s’ajouter les impératifs de la distribution.
Voici donc la quasi-totalité de l’effectif d’Aujourd’hui Le Maroc réuni pour six heures de route. Pour mener à bien l’opération « Animation », sous le commandement sans façons de Omar Dahbi, rédacteur en chef, des talents émergent spontanément: celui de Hicham Mekouar, directeur commercial et celui d’Adam Wade, chef du service économie ainsi que Mohammed Boudarham, chef du service nation. Le premier pour ses dons de chanteur au répertoire riche et varié, le second pour la chaleur de sa verve et le troisième pour sa sympathie. Six heures durant, en effet, chansons, histoires drôles et commentaires divers donneront à chacun l’occasion de se révéler et de découvrir des facettes cachées…
Vendredi 19 janvier à 9h du matin, le coup d’envoi du séminaire est donné. Khalil Hachimi Idrissi, en sa qualité de directeur de la publication et de la rédaction, entame la série de communications. Il invoque pour sa part l’esprit d’Albert Camus, figure mythique du journalisme de combat, pour vivifier en chacun l’idéal supérieur d’une profession dont la puissance n’a d’égale que la fragilité. Son intervention, une synthèse d’un essai consacré par Jean Daniel au journalisme camusien intitulé «Avec Camus : comment résister à l’air du temps», exalte notamment la complicité artisanale des bâtisseurs, le partage fraternel des contraintes ou encore cette humilité qui conduit par exemple à proscrire le culte du scoop à tout prix : «Il vaut mieux être les seconds à donner une information vraie que les premiers à en donner une fausse.»
A sa suite, Issiali Aarab, premier rédacteur en chef de l’histoire d’ALM et qui fut associé à la genèse du quotidien, prendra la parole pour expliquer comment et selon quelles modalités le quotidien fut créé : en 52 jours, de deux plateaux nus avaient surgi non seulement une salle de rédaction mais aussi l’ensemble des autres départements indispensables à la bonne marche d’une entreprise de presse digne de ce nom. Quant à la mise au point de la ligne éditoriale, il mettra en exergue une philosophie du métier qu’il formulera en ces termes : «Pas de prosélytisme mais du professionnalisme !»
Autre «dinosaure» — selon l’expression affectueuse consacrée — à prendre la parole, Jamal Berraoui, chroniqueur dans l’édition du week-end. Pour lui, le vrai débat sur la presse est ailleurs : dans l’affirmation d’une éthique, bien entendu, dans un engagement en faveur de la modernité évidemment, mais surtout dans la promotion des valeurs de l’amour de la patrie, en s’étonnant au passage de la vogue persistante d’une tradition de dénigrement systématique d’un Maroc «géant de l’Histoire».
Pour le sociologue et chroniqueur Driss Ajbali, il est temps pour la presse de s’ouvrir aux nouvelles réalités issues de l’émigration, notamment que les enfants des Français d’origine marocaine se définissent, à l’instar de sa propre fille, comme des Marocains d’origine française…
Quant à Ahmed Ghayet, spécialiste de l’action de terrain et rapporteur passionné du quotidien de la jeunesse d’aujourd’hui, il revendiquera, au nom de l’accompagnement des mutations sociales, une certaine forme de militantisme.
En sa qualité de «sage», Naïm Kamal s’attardera au cours de la scéance de l’après-midi, sur l’idée d’un métier qui ne s’acquiert vraiment que par l’accumulation de couches successives, une façon de souligner la maturation nécessaire à une pratique journalistique responsable.
Pour sa part, Khalil Hachimi Idrissi rappellera les règles fondatrices de l’exercice du métier de journaliste et les moyens que les professionnels doivent déployer dans leur recherche de L’excellence ; étant entendu que celle-ci doit tenir compte des nécessités qu’induisent le traitement rigoureux de l’information et le respect de la déontologie. Dans ce sens, l’orateur brossera les contours de ce qui forme «Le carré de l’information» et le «triangle» qui sous-tend le journalisme amoral. Au premier volet,
il précisera que l’information doit être vérifiée, recoupée et traitée de manière professionnelle. Le triangle du journalisme amoral est composé, quant à lui, des maux que sont la corruption, le plagiat et les commandes externes à la rédaction.
Omar Dahbi, rédacteur en chef, exposera par la suite son approche de la qualité, en s’appuyant sur les deux composantes du terme : valeur et grandeur. Ce qui lui permet de conclure que la qualité d’Aujourd’hui Le Maroc tiendra au fait qu’il doit être régulièrement bien informé, bien rédigé et bien mis en pages. Le cahier des charges de la rédaction est ainsi fixé.
Pionnier en matière de nouvelles technologies de l’information, ALM se caractérise notamment par une édition électronique en constante évolution. Ce dont témoignera Youssef Chaoui, directeur du portail aujourdhui.ma, en invitant l’équipe rédactionnelle à se familiariser avec la logique du bi-média. Une transition logique pour la suite du séminaire consacré au travail du département Marketing et événementiel dirigé par Ilham Rhemiss. Dans son intervention, celle-ci s’attachera à expliciter la stratégie de création et d’entretien d’une image de marque, en rappelant que le projet ALM reposait en fait sur la promotion d’une marque susceptible d’être déclinée en un large éventail de produits.
Dernier intervenant et non des moindres, Hicham Mékouar, directeur commercial, fera le point sur les spécificités de l’action commerciale, qui consiste, selon lui, à vendre une relation de confiance et d’intérêt entre un titre, son lectorat et les annonceurs. Largement de quoi, en somme, donner aux collaborateurs d’ALM les moyens de s’engager sur les chemins de L’excellence mais aussi d’apprécier, en toute bonne conscience, le volet festif de la suite du programme.
Le soir même, à vingt heures, tenue de soirée de rigueur, la famille des collaborateurs d’ALM était conviée à savourer les délices d’un dîner de gala dans le cadre d’un riad branché d’Essaouira, aux accents de la musique du groupe Gnawa Diffusion. Ce fut une soirée haute en couleurs et en amitié, suivie, le lendemain, par une matinée de détente bien méritée…

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