Un violeur récidiviste hors d’état de nuire

Un violeur récidiviste hors d’état de nuire

Chambre criminelle près la Cour d’appel de Marrakech. Mohamed. J, âgé de trente-neuf ans, est, en cette journée de novembre 2004, devant les cinq magistrats. Calmement, il tournait de temps en temps sa tête vers l’assistance. Qui cherchait-il du regard ? Personne ne sait au juste. Des membres de sa famille ? Aucun d’entre eux n’était présent pour assister à son procès. Ni ses parents, ni ses frères et soeurs. Ils sont restés chez eux à Kelaât Sraghna. Ils ont décidé depuis quelques années de ne plus le contacter et de l’abandonner. Pourquoi ? Depuis qu’il a quitté les bancs de l’école et tourné le dos aux divers métiers, il s’est jeté dans le monde de la délinquance au point qu’il a été arrêté à maintes reprises par la police et a été condamné plusieurs fois à des peines d’emprisonnement. La première fois remonte à une dizaine d’années quand il a été arrêté après avoir agressé une femme et l’avoir dépouillée de tout ce qu’elle portait. Un acte qui lui a coûté huit mois de prison ferme. La deuxième fois, il a été condamné à un an de prison ferme pour avoir violé une femme. Il a purgé lors de la troisième fois une peine de quatre ans de prison ferme après avoir tabassé et violé une femme avant de lui subtiliser son argent. Ensuite, il a été condamné, successivement, à huit et six mois de prison ferme et ce pour agression à l’arme blanche et vol. À la sixième reprise, il a été condamné à cinq ans de réclusion criminelle pour viol sous la menace de l’arme blanche. Et comme à l’accoutumée, quand il a été relâché la dernière fois, il n’a pas renoncé à ses actes délictuels et criminels. Bien au contraire, il est devenu encore plus cruel qu’auparavant, comme s’il se vengeait de la société. Au fil du temps, sa cruauté est devenue plus violente. Certes, la police judiciaire n’a pas ménagé ses efforts pour le mettre hors d’état de nuire. Mais, il arrivait toujours à disparaître une fois son crime commis. Mercredi 29 septembre. Il était sous l’effet de la drogue quand il a barré le chemin à une femme mariée. Il était 6h00 du matin lorsque cette dernière est sortie de chez elle pour aller à son travail dans une boulangerie. La rue était déserte. Mais elle s’était habituée à faire son chemin sans crainte.
Seulement, elle n’aurait jamais pu imaginer vivre le cauchemar qui lui est arrivé. Alors qu’elle marchait, Mohamed s’est, tout à coup, approché d’elle et lui a mis un couteau au niveau des côtes, la menaçant de mort si elle refusait de l’accompagner. Où ? Elle n’avait pas le droit de le lui demander. Chemin faisant, il continuait de la menacer de mort si elle ne l’accompagnait pas vers un terrain vague. Là, il a abusé d’elle avant de l’abandonner.
Lundi 4 octobre, vers 19h. Mohamed était au quartier Al Hana quand il a croisé une femme qui cherchait une pharmacie pour acheter des médicaments pour sa fille malade. Il a suivi ses pas pour l’attaquer dans une ruelle. Sous la menace de son couteau, il la tenait. Que voulait-il d’elle ? Elle l’a supplié de la laisser tranquille en lui donnant la chaîne en or qui ornait son cou.
Certes, il l’a empochée. Mais cela ne l’a pas empêché de la violer en pleine rue. L’arme blanche bloquée contre sa carotide l’empêchait naturellement de crier au secours. Trois jours plus tard, le dangereux voyou était à la station de grands taxis desservant la ligne Kelaât Sraghna-Ben Guerir. Tout à coup, il est allé accoster une femme qui attendait un taxi. Une fois qu’il a brandi son couteau pour la menacer, elle a crié “au secours“. Les voyageurs et les chauffeurs de taxi se sont rués vers sa direction. Quand il les a vus, il a pris ses jambes à son cou.
Alertés à maintes reprises, les éléments de la police judiciaire se sont lancés à sa recherche. Jeudi 21 octobre, il a été arrêté au douar Ouled Ahmed, dans la commune d’Oussanda. Cherchait-il une nouvelle victime ? “Non“, répondit-il en reconnaissant le kidnapping des deux femmes mariées et la tentative d’enlèvement de la troisième. Il a confirmé ses délits devant les juges de la chambre criminelle près la cour d’appel de Marrakech. Après délibérations, ces derniers l’ont condamné à 8 ans de réclusion criminelle.

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