Un voleur de bétail incorrigible

Samedi 11 mai 2002. Sept heures du matin. Douar Foualsa, à Had Ouled Frej, province d’El Jadida. Bouchaïb, après avoir pris son petit-déjeuner, s’est rendu à son étable. Quand il a commencé à compter son bétail, il a découvert la disparition de deux moutons. Hors de lui, il a appelé sa femme. Cette dernière courait vers lui pour lui annoncer la nouvelle : « La partie de la maison donnant sur le puits a été démolie par quelqu’un… ». Elle n’est pas arrivée à reprendre son souffle lorsque son mari l’a avisée : « Deux moutons ont été volés… ». Il s’est dépêché aussitôt vers le commandement de la Gendarmerie Royale. Là, il a trouvé son voisin, Mustapha, qui est venu également pour les mêmes raisons. Le chef a donné ses instructions à ses éléments d’entamer une enquête : « Il faut déraciner ce fléau pour qu’il ne devienne pas un phénomène banal… ».
Le lendemain soir, Bouchaïb revient chez les gendarmes.
« Une personne m’a informé que l’auteur du vol est un certain M’barek du douar Ouled Bouâyta… », a-t-il confié au chef. M’barek, est convoqué. « Non chef, ce n’est pas moi qui ai volé ses moutons », tente-t-il de se disculper. « Mais où étais-tu la nuit du samedi au dimanche ? »
Perturbé, M’barek, trente-quatre ans, sans profession, répond : « Je suis rentré chez moi, samedi vers 19h, pour dormir et je me suis réveillé vers 3h le lendemain…J’ai pris le chemin à destination du Centre de Had Ouled Frej…J’y suis arrivé vers 5h30mn le matin du dimanche…J’ai pris aussitôt un taxi qui m’a conduit vers Souk Sebt Ouled Bouâziz…J’ai acheté des marchandises avant de rentrer chez moi… ».
Cependant, Bouchaïb faisait tout son possible pour prouver la culpabilité de M’barek. Il se dirige à nouveau vers les gendarmes. Il n’a pu avaler ce qui lui est arrivé. « J’ai trouvé le chauffeur de taxi qui l’a emmené vers le souk, il est prêt à donner son témoignage… »
Le chef fait appeler M’barek, toujours en garde-à-vue. Il les a confrontés. Le chauffeur n’a pas hésité à dire la vérité : «Je l’ai transporté, lui et les trois moutons et je l’ai emmenés jusqu’au Souk Sebt Ouled Bouâziz…» Bien qu’il ait écouté ce témoignage, M’barek s’accrochait à ses premières déclarations. Seulement, le chef de la brigade l’a surpris : «Mais tu as déjà purgé une peine de dix mois de prison ferme pour vol de bétail…C’est toi qui a volé les moutons de Bouchaïb et Mustapha…N’essaie pas de nier… »
Bouchaïb s’est convaincu que l’étau se resserre de plus en plus autour de lui.
Le suspect décide enfin de se mettre à table. « Oui, c’est moi qui les ai volés… », avoue-t-il.
Il était sorti de chez lui sans attirer l’attention. Il s’est rendu au douar Foualsa, qu’il connaissait comme sa poche. Il a démoli un petit mur constitué de pierres, de la maison de Bouchaïb et s’y est introduit calmement pour mettre la main sur deux moutons. Il s’est rendu par la suite vers le domicile de Mustapha pour en subtiliser un troisième.
Il a conduit les trois moutons vers la route où il a hélé à un taxi. Ce dernier l’a transporté vers Souk Sebt Ouled Bouâziz où il a liquidé le butin contre 1.250dh. Ensuite, il s’est approvisionné de quelques marchandises avant de rebrousser chemin.
Devant la chambre criminelle près la Cour d’appel d’El Jadida, il a tenté de nier les charges retenues contre lui. Mais le témoignage du chauffeur de taxi ne lui laissa aucune chance. Et le président de la Cour ferma le dossier n°117/2002 en disant : «La Cour a jugé Bouchaïb coupable pour vol qualifié et le condamne à 2 ans de prison ferme».

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *