Une action populaire

C’est hier, dimanche 16 janvier, qu’a débuté le nouveau programme national du secrétariat d’Etat chargé de la Jeunesse : les universités populaires.
Avant de rappeler la consistance de ce programme, force est de constater que cette initiative, fort louable, a connu un remarquable engouement. En un mois seulement, environ 20.000 personnes se sont précipitées pour s’inscrire sur les listes des bénéficiaires. Un coup de chapeau pour les professeurs qui se sont spontanément investis dans ce projet. Les plus nombreux sont les juristes, au nombre de 84, sur un total de 447.
Avec plus de 7.800 étudiants, la région du Grand Casablanca se taille la part du lion. Cependant, des villes comme Rabat, Agadir, Tanger et Fès comptent aussi beaucoup d’inscrits, avec 1.693 bénéficiaires pour Rabat, 1.407 pour la capitale du Souss, 1.168 pour la ville du Détroit et 1.800 dans la ville impériale. Mais le programme du département de Mohamed El Gahs a également intéressé les habitants de Laâyoune (600), Marrakech (762), Meknès (650) et Mohamedia (728).
Un indice révélateur: le nombre de bénéficiaires du sexe féminin est beaucoup plus important que celui des hommes. C’est une preuve que les femmes marocaines ont une soif certaine de savoir. C’est peut-être parce qu’elles sont les premières victimes de l’analphabétisme. En tout cas, sur les 19.620 bénéficiaires, 11.340 sont des femmes. En tout, neuf matières sont prévues dans ce programme. Le droit et la gestion d’entreprise ont attiré le plus de personnes, soit 18% des inscrits pour chacune de ces deux disciplines. Suivies de la communication (15%) et la philosophie (14%), loin devant les Lettres (5%) et l’Histoire (3%). L’économie n’a séduit que 7% des bénéficiaires. Alors que la sociologie et la psychologie ont attiré, respectivement, 12% et 8% des inscrits. Autre aspect révélateur: le niveau d’enseignement des bénéficiaires. Ils sont plus de 10.140 à avoir un niveau du secondaire.
Tous les autres, soit environ la moitié, ont un niveau universitaire. Il s’agit soit de personnes ayant quitté prématurément les bancs de la Faculté, soit des diplômés souhaitant parfaire leur formation dans une autre discipline. C’est donc une autre preuve que le programme des universités populaires n’est pas un luxe mais une véritable demande des jeunes Marocains. Et pour cause, 51% des inscrits sont âgés de moins de 31 ans.
A noter que les universités populaires sont un ensemble d’espaces à travers le Maroc où différentes disciplines seront enseignées. Ces études sont dispensées gratuitement, sans exigence de diplôme préalable, sans délivrance d’aucun diplôme et surtout sans examens. Ouverts hier, ils devront prendre fin à la mi-mai 2005. En fait, dans l’université populaire, on ne parle pas d’étudiants, mais d’auditeurs. On y vient, avant tout, pour écouter. Force est de constater que la notion d’université populaire a longtemps été étroitement liée à des concepts politiques et idéologiques précis. Et pour cause, la première version de ce type d’université en France date de la fin du 19ème siècle. Plus exactement à l’époque de l’affaire Dreyfus (une affaire qui a divisée la France en deux). Des professeurs, des intellectuels, des historiens, des écrivains, des philosophes proposaient au sein de ces universités populaires des cours gratuits, à destination de ce qu’il était convenu alors d’appeler la classe ouvrière.

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