Une Allemande risque la peine de mort à Singapour pour trafic de drogue

Julia Suzanne Bohl, une étudiante de 23 ans, et deux Singapouriens ont été arrêtés la semaine dernière en possession de 687 grammes de marijuana. D’autres drogues ont également été saisies.
La quantité de marijuana saisie dépasse les 500 grammes retenues comme justifiant la peine de mort par pendaison, selon les services anti-drogue du «Central Narcotics Bureau» à l’origine des arrestations. Si elle était condamnée à mort, Julia Suzanne Bohl deviendrait la seconde européenne à être pendue à Singapour pour drogue depuis l’exécution d’un ingénieur néerlandais, Johannes Van Damme, en 1994. Selon la législation singapourienne, quiconque est trouvé en possession d’une certaine quantité d’une drogue précise est présumé se livrer à un trafic. Il appartient à l’accusé de prouver que la drogue n’était pas destinée à la vente.
En 1994, Singapour avait refusé de céder aux pressions des Pays-Bas après la condamnation à mort de Van Damme pour trafic de 4,32 kg d’héroïne.
Les autorités avaient rejeté l’argumennt du « fossé culturel », soulignant que la peine capitale existait depuis la colonisation britannique. Le ministère des Affaires Étrangères avait déclaré que Singapour n’allait pas changer ses lois pour plaire aux Néerlandais, de même qu’il ne demandait pas aux Pays-Bas d’introduire la peine de mort contre les trafiquants de drogue. La drogue est un fléau répandu en Asie du Sud-Est, une région productrice. Des réseaux utilisent aussi certains pays de la région comme point de transit pour des exportations aux États-Unis et en Europe. Singapour a cependant été relativement épargné, en grande partie grâce à l’application d’une législation qui ne plaisante pas. L’an dernier, le nombre d’arrestations pour drogue a baissé de 2% sur l’année précédente, selon le bureau des narcotiques.
Le bureau dit avoir monté 48 grandes opérations contre des trafiquants de drogue et des drogués, démantelant 24 réseaux. Près de 90% des drogués arrêtés étaient héroïnomen. Les autres personnes arrêtées se partagent entre consommateurs d’ecstasy ou autres drogues synthétiques et de marijuana.

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