Une amitié brisée

Une amitié brisée

«Je ne voulais pas le tuer ! je ne voulais pas !… », crie Abdelhamid, en se tenant la tête entre les mains. Il n’en croyait pas ses yeux. Il n’a jamais pensé tuer un chat. Comment et pourquoi est-il arrivé à tuer son ami Abdelaziz ? Il s’est contenté de répéter le même refrain : «Je ne voulais pas le tuer… ». La police s’est dépêchée sur les lieux du crime à El Jadida, a entamé le premier constat d’usage et a arrêté Abdelaziz qui était resté là, entouré de badauds. Il n’a pas manifesté la moindre résistance et il a accompagné les policiers au commissariat. En entrant dans le bureau de la brigade chargée de cette enquête, Abdelhamid n’a pu retenir ses larmes. Des regrets ? Il a dix-huit ans et son ami, Abdelaziz en avait vingt. Ils avaient fait connaissance sur les bancs des classes primaires. Depuis, ils ne s’étaient jamais séparés, bien que Abdelhamid ait poursuivi ses études et que Abdelaziz avait décroché pour rejoindre la vie active. Ils se rencontraient presque quotidiennement, rigolaient, passaient ensemble des nuits chez l’un d’eux, échangeaient leurs idées, leurs rêves, leurs aventures…Seulement, ils n’auraient jamais pu imaginer à un différend qui les mènerait à une voie sans issue. Abdelhamid était, dernièrement, en compagnie de sa petite amie, Rachida, quand il a rencontré son ami, Abdelaziz. Ce dernier n’avait jamais vu cette belle jeune fille de dix-sept ans. Il ne connaissait d’elle que son âge, sa beauté, qu’elle était lycéenne, qu’elle aimait son ami et qu’elle était jalouse. C’est ce que lui avait raconté à maintes reprises Abdelhamid, au point qu’il tardait à Abdelaziz de la rencontrer en sa compagnie. Cela a afini par se produire. Et il les a invités à un café à Sidi Bouzid. Les deux amants ont accepté l’invitation. Abdelaziz a appelé un petit taxi qui les a transportés. A un certain moment, Abdelhamid s’est rendu aux toilettes. Aussitôt, Abdelaziz n’a pas voulu rater l’occasion. Il a mis de côté l’amitié pour demander à Rachida son numéro de téléphone. Elle n’a pas refusé et elle le lui a donné. Abdelhamid est revenu sans se rendre compte de quoi que se soit. Après avoir passé des bons moments, ils ont rebroussé chemin. Le lendemain matin, le téléphone portable de Rachida a sonné. «Qui est à l’appareil ?». C’est Abdelaziz. Comme si elle n’attendait que cela, elle a très vite accepté son invitation à un café. Ils se sont rencontrés. Et une relation a commencé entre eux, dans le dos de Abdelhamid. Ce dernier n’a rien remarqué, puisqu’elle continuait à le rencontrer et à passer de bons moments avec lui, sur un même lit. «J’ai croisé, hier, Rachida en compagnie de ton ami, Abdelaziz… », dit un voisin à Abdelhamid. Ce dernier n’a pu en croire ses oreilles et il a appelé son amie au téléphone. Quand il a exigé la vérité, elle a tout nié et commencé à l’insulter feignant d’être scandalisée de cette accusation de trahison. Il s’est adressé aussitôt au voisin qui l’avait informé pour lui faire des reproches. Ce dernier a maintenu avoir croisé Rachida et son ami dans un café. Hors de lui, il a téléphoné à son ami, Abdelaziz, lui demandant de se rencontrer. Une demi-heure plus tard, ils sont face à face. Sans vergogne, Abdelaziz lui a avoué avoir une relation avec Rachida. «C’est elle qui m’a proposé cette relation », a-t-il prétendu. Incapable de se retenir, Abdelhamid lui a asséné un coup de poing. Ce dernier n’est pas resté les bras croisés. Tout à coup, Abdelhamid a sorti un couteau et a porté deux coups à son ami qui s’est effondré, mort. Et jeune la fille ? La loi ne lui reproche rien et elle est restée libre.

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *