Une amitié brisée par le désir

Imad, vingt-six ans, vient, ce jour de décembre 2002, se présenter devant les limiers de la police judiciaire de ben Msik-Sidi Othmane, à Casablanca. Il était dans un état lamentable, avec un visage plein de blessures et d’ecchymoses. Qu’est-ce qu’il veut au juste?
«Je veux déposer une plainte contre mon ami Adil qui a enlevé, hier, ma fiancée…Je ne sais ni l’endroit où il l’a emmenée ni ce qu’il lui a fait…Il a disparu avec elle…», affirme-t-il aux éléments de la police judiciaire.
Une relation amicale, qui remonte à quelques années, lie Imad à Adil. Tous les habitants de leur quartier sont au courant de leur relation Ils se rencontrent souvent.
En effet, Imad saisissait n’importe quelle occasion pour inviter son ami, Adil, à un dîner autour d’une table pleine de bière et de vin rouge.
Il aimait passer de temps en temps des moments agréables avec lui. Quand il l’a rencontré, un après-midi de décembre dernier, il lui a demandé de le rejoindre à la maison quelques heures plus tard.
Pourquoi ?
«Pour prendre un verre ensemble…», lui répond Imad. Adil a accepté l’invitation, surtout qu’il ne paiera aucun sou. Quant à Imad, il est retourné chez lui pour sortir par la suite afin d’acheter les ingrédients du dîner, des cannettes de bières et des bouteilles de vin rouge.
Quant il est retourné chez lui, il a trouvé son ami, Adil, à son attente au seuil de la maison. Ils ont échangé les salamalecs. Une fois qu’ils ont dépassé le seuil de la maison, Adil est surpris. Il a remarqué une fille dans la chambre. Mais il a gardé le mutisme, en attendant que son ami la lui présente.
«C’est Sabah, ma fiancée».
Adil a écarquillé ses yeux. Son ami, Imad, ne lui a jamais parlé de fiançailles. «Sûrement c’est son amante et il n’a pas voulu la présenter comme tel…», pense Adil qui n’a pas cessé de boire.
Sabah, vingt ans, est assise près d’eux sans parler.
Elle se contentait de lancer, d’une fois à l’autre, un beau sourire qui séduit Adil. Les têtes tournent d’un verre à l’autre et le sourire de Sabah devient de plus en plus éclatant aux yeux de Adil. Les aiguilles des montres indiquaient vingt-trois heures lorsque Sabah s’est levée pour entrer à la chambre et dormir. Deux ou trois heures plus tard, Imad l’a rejointe. Adil est resté seul à s’enivrer.
La beauté et le sourire de Sabah ne quittent pas son esprit.
Tout à coup, il se lève de sa place, avance vers la chambre et il a lancé un regard vers le lit. Il fixe ses yeux sur le corps de Sabah. Il ne peut retenir ses désirs. Il a brandit un couteau avant d’allumer la lumière de la chambre. Sabah se réveille et pousse son amant. Ce dernier se réveille également. Il ne savait pas ce qui se passait au juste. Il descend du lit, tente d’avancer vers son ami. Ce dernier le pousse violemment, lui administre des coups de poings et de pieds avant de saisir le bras de Sabah qui ne peut crier sous la menace du couteau. Elle l’ accompagne à bord de son vélomoteur jusqu’à chez lui au douar T’kalia où il a abusé d’elle jusqu’à l’aube avant de la jeter à la rue. Sabah s’est rendue aussitôt chez une voisine qu’elle connaît à Casablanca.

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