Une année législative bien particulière

Une année législative bien particulière

Sa Majesté le Roi Mohammed VI préside ce vendredi, au siège du Parlement, l’ouverture de la nouvelle législature, et prononcera, devant les membres des deux Chambres du Parlement un discours retransmis sur les ondes de la radio et à la télévision. Cette session revêt un caractère particulier du fait qu’elle intervient dans un climat marqué par les effets des dernières élections, concernant les communes et les mairies ainsi que les bureaux des chambres professionnelles et des conseils provinciaux et régionaux, en plus des 90 membres de la Chambre des Conseillers. Il va sans dire que les effets d’érosion provoquées par ces opérations électorales marqueront, pour longtemps les rapports entre les différentes formations partisanes et syndicales. En effet, les alliances contre nature entre partis politiques privilégiant leurs intérêts égoïstes sur toute autre considération, le nomadisme au sein de l’hémicycle et l’absence de visibilité dans les programmes et les orientations idéologiques, de l’ensemble des composantes du champ politique constitueront, à n’en pas douter, des points noirs dans l’histoire politique du pays, des points qui n’ont de sens que par rapport à la défection grandissante des citoyens vis-à-vis de l’instant électoral et des formations partisanes. L’année dernière, s’adressant aux Parlementaires à l’ouverture de la première session, au lendemain des élections législatives du 27 septembre 2002, SM le Roi Mohammed VI avait, à juste titre, mis l’accent sur la nécessité d’une réhabilitation de l’institution parlementaire. Une telle réhabilitation devenue, à présent, plus que nécessaire. Les textes de loi régissant la vie et le fonctionnement des partis politiques ne doivent plus connaître de nouveaux ajournements, et la moralisation de la vie publique doit également apporter ses fruits et passer des stades de la bonne volonté à l’action concrète, à commencer par le nettoiement de la sphère partisane. De surcroît, les députés savent dorénavant que lors de son dernier discours adressé à la Nation, SM le Roi a mis l’accent sur la nécessité d’une réhabilitation d’urgence des partis politiques. D’autres questions peuvent également faire l’objet de l’approbation des élus au cours de cette session, comme c’est le cas pour le Code de la famille soumis récemment à l’intention de SM le Roi. En attendant et conformément aux dispositions de l’article 38 de la Constitution, le renouvellement du tiers des membres de la Chambre des Conseillers doit être accompagné d’une élection du président de cette Chambre et des membres de son bureau. Une opération qui constitue, aujourd’hui, un message d’une grande importance pour la classe politique, car de l’appartenance du nouveau président de cette chambre, dépendront, peut-être, les nouvelles alliances politiques. Mostapha Okacha sera-t-il, donc, reconduit à la présidence de la deuxième Chambre ou cédera-t-il la place à ses concurrents du Mouvement populaire et de l’Istiqlal? Quelles seront aussi les positions des élus de l’USFP à cet effet et par rapport à leur positionnement au sein du gouvernement et de la Chambre des représentants ? Certes, il ne faudrait pas s’attendre à des changements radicaux des positions, notamment au niveau de la majorité gouvernementale, ni par rapport à la nouvelle loi de Finances qui sera présentée par l’argentier socialiste du Royaume.

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