Une beuverie qui finit mal

Une beuverie qui finit mal

D’habitude, ils passaient leurs week-ends hors de Rhafsaï, dans la province de Taounate. L’un est percepteur à la perception régionale et l’autre est directeur régional de l’Office national de l’eau potable (ONEP). Ils se rendaient à Fès pour y passer les samedis et dimanches dans les bars et les boîtes de nuit en compagnie de filles de joie. Certes, il s’agit de leur vie privée, qu’ils choisissent et organisent comme ils veulent puisqu’ils sont encore célibataires et n’ont pas d’engagements familiaux. Leur amitié remonte à quelques années, depuis leur première rencontre dans cette région de Rhafsaï. Depuis, ils ne se séparent que durant les heures du travail et de sommeil. Bref, ils partageaient souvent les bons moments et les bons souvenirs. Et les voilà en train de partager également les mauvais moments de leur vie. Comment et pourquoi? Samedi 5 mars, dans l’après-midi, ils ont quitté Rhafsaï, à bord d’une Volkswagen Jetta, à destination de Fès pour y passer le week-end. Ils ont passé la nuit dans des bars en buvant et en plaisantant avec des filles de joie. Le lendemain, ils ont décidé d ’y rester et de ne rebrousser chemin que vers la nuit après quelques moments dans un bar de la ville. Après déjeuner, ils sont entrés dans un bar pour prendre une bière, puis une deuxième.  Et les deux amis ont commencé à ressentir une joie remarquable qui les a encouragés à rester à s’enivrer et à chercher la joie avec les filles qui les empêchaient de s’en aller. Car, les deux amis étaient toujours généreux avec elles et répondaient favorablement à leurs demandes. Ils ne se sont décidés à partir que vers minuit. En titubant, ils ont pris la voiture et le directeur régional de l’ONEP, qui était au volant, a démarré. Il ne craignait pas d’avoir un accident. Depuis qu’il a commencé à conduire, il le fait avec la tête qui tourne, suite à l’effet des boissons alcoolisées. Ils discutaient et chantaient alors que le directeur régional de l’ONEP conduisait à vive allure sans prendre de précautions. Son compagnon l’encourageait à accélérer. Quand ils sont arrivés au douar Bouzarka, à cinq kilomètres de leur destination, le chauffeur a été surpris de voir une R12 qui venait en sens inverse. Elle ne s’est arrêtée qu’une fois qu’elle a heurté leur voiture. Hors de lui, le directeur régional a surgi du véhicule. Il s’est dirigé vers le conducteur de la R12, qui était seul, et a commencé à l’injurier. Le chauffeur de la R12 est descendu également, mais pour lui demander de lui pardonner.
«Tu ne sais pas conduire ? Pourquoi tu te mets derrière le volant?  Tu dois conduire un âne et non pas une voiture », lui lance-t-il.
Le chauffeur de la R12 a tenté de se calmer et de ne pas échanger les invectives. Au contraire, il l’a embrassé pour l’apaiser. À ce moment, le percepteur est descendu pour les rejoindre. Et il a commencé également à l’insulter avec des mots abjects. Aussitôt, le chauffeur de la R12 s’est révolté. Ne supportant plus d’être ainsi méprisé, il a poussé violemment le directeur régional. Ce dernier est tombé à la renverse. Son ami l’a aidé à se relever et à se diriger vers la voiture. Il semble qu’il y ait cherché une arme blanche pour se venger du chauffeur de la R12 qui se tenait encore près de sa voiture en lui demandant de s’approcher de lui s’il était capable de se battre avec lui à mains nues. Seulement, le directeur régional est redescendu de la Volkswagen Jetta avec un couteau à la main. Il s’est lancé directement vers le chauffeur de la R12 pour lui asséner un coup au niveau de la poitrine. Tombé à terre, celui-ci a commencé à vomir, avant de rendre l’âme. Les deux amis ont reculé. À ce moment, deux frères qui n’étaient pas loin d’eux et qui ont entendu le cri de la victime, se sont dirigés vers eux pour leur demander des explications sur ce qui s’était passé. Mais, apparemment, le directeur régional ne s’était pas encore apaisé.
Il s’est avancé avec son arme blanche vers les deux frères pour les menacer. L’un d’eux qui s’apprêtait à l’approcher pour l’immobiliser a reçu un coup au niveau de l’épaule gauche. Les deux frères ont choisi aussitôt de téléphoner aux éléments de la Gendarmerie royale. Quand ces derniers sont arrivés, ils n’ont trouvé sur les lieux que le percepteur. Alors que son ami, avait pris la clé des champs. Toutefois, il s’est présenté le lendemain matin, devant eux. Les deux amis ont été traduits devant la Cour d’appel de Fès.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *