Une bouffée d’oxygène

Il ne veut pas se prononcer ni s’exprimer, publiquement, sur les questions de l’heure. Pourtant, par ses actes portant, en premier lieu, à couper définitivement le cordon ombilical qui le liait à la nouvelle gauche, ensuite à créer le mouvement de la réforme démocratique, et , enfin, a adhérer à l’USFP, revêtent une signification particulière. Bien avant cette date, Mohamed Mrini, né en 1947 à Marrakech, avait déserté l’UNFP pour rejoindre le mouvement gauchiste. Parti en exil, au Moyen-Orient, ensuite, en France, M. Mrini a eu largement le temps d’aiguiser ses armes politiques. Sa position vis-à-vis de la question du Sahara marocain lui a permis de se démarquer par rapport aux autres composantes de la mouvance de gauche. En mars 1981, il regagne le Maroc pour constituer, en compagnie de bon nombre de ses amis, l’Organisation de l’action démocratique populaire. En 2000, il quitte définitivement l’OADP pour constituer son propre courant, «La réforme démocratique»; une expérience qui a fait long feu. Récemment, il rejoint, avec son groupe l’USFP.
Or, jamais dans l’histoire protocolaire de ce parti, il n’y a eu une délégation du Bureau politique composée de onze personnes, à l’accueil d’un nouveau venu ou d’un revenant. Le jour de cette cérémonie, le Premier secrétaire du parti lui a déclaré, publiquement, que l’adhésion de « La réforme démocratique » constitue un événement d’une grande importance pour le pays. Une importance qui dépasse, en quelque sorte, la création de la Koutla démocratique. D’ailleurs, au secrétaire général de l’OADP qui lui reprochait d’ouvrir les portes de son parti à des dissidents, M. Youss-oufi se contenta de lui annoncer que sa place est au sein de l’USFP ( non à la tête d’un groupe minoritaire).
Certes, cette joie est due à un état de fait qui se caractérise par une sorte de fatigue chez bon nombre de militants, mais,théoriquement et politiquement, cette démarche s’explique et se justifie de manière objective. Le système politique, comme le constate d’ailleurs des anciens anthropologues tels Robert Rézette ou même John Waterbury, se distingue par son caractère segmentaire. Il va donc de soi que les prémices du changement consistent dans le dépassement de l’émiettement du champ politique. Mais pour l’instant, il semble que du mode de scrutin seront déterminées les nouvelles alliances politiques.
Dans cette perspective, la gauche radicale pourrait prétendre à une place au soleil aussi bien que la droite structurée. D’un autre côté, en dépit de l’essoufflement de l’USFP et de ses alliés au PPS et au PSD, le pôle de la gauche modérée serait appelé à reconduire le pays vers la voie du salut. Mais encore faut-il que les forces de résistance puissent se soumettre aux règles du jeu et admettre l’existence d’un pôle de gauche modéré, fort et homogène.

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