Une causerie à double message

Une causerie à double message

Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, a présidé mercredi la quatrième causerie religieuse du mois sacré de Ramadan. Une causerie qui constitue une première dans les annales de cette tradition instaurée par feu SM Hassan et pérennisée par SM le Roi puisqu’elle a été animée par une femme. Il s’agit de Mme Rajaa Naji Mekkaoui, professeur de l’enseignement supérieur à l’Université Mohammed V de Rabat-Agdal. Le thème choisi par la conférencière est « L’universalité de la structure familiale dans un monde aux particularités multiples ». Pour aborder ce thème, la professeur Mekkaoui s’est basée sur le premier Verset de la Sourate Annisa’a (Les Femmes) dans lequelle Très-Haut dit : « Vous les hommes! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être, puis de celui-ci, il a créé son épouse et il a fait naître de ce couple un grand nombre d’hommes et de femmes. Craignez Dieu! – Vous vous interrogez à Son sujet – et respectez les entrailles qui vous ont portés. Dieu vous observe ». Le sujet abordé par la conférencière est d’actualité puisque le Maroc vient de vivre une révolution dans les textes juridiques concernant les statuts personnels. En effet, Sa Majesté le Roi Mohammed VI avait annoncé, en octobre dernier, à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle année législative la réforme du Code de statut personnel (Moudawana) qui devint le « Code de la Famille ». Dans sa causerie, Mme Mekkaoui a procédé à une étude comparative sur la conception de la famille entre les sciences sociales modernes et la loi coranique. Ainsi, elle a insisté sur le danger que représente l’individualisation du traitement des problèmes de chaque membre de la famille à part au lieu d’une conception plus collective concernant la famille en tant qu’entité sociale. Cette individualisation du traitement, a-t-elle averti, a conduit à l’éclatement de la famille en deux entités distinctes et aux intérêts contradictoires. Les spécialistes des sciences sociales modernes distinguent la femme et l’enfant comme des entités à part, ce qui a créé des conflits entre ces entités et le reste de la famille, a-t-elle regretté. Elle a par ailleurs mis l’accent sur le fait qu’en plus du « manque de coordination et de cohérence entre les différentes filières des sciences sociales pour ce qui est des problèmes de la famille, les sociologues en Occident se sont évertués à mépriser tout ce qui a trait à la religion et à la morale dans une révolution insensée contre l’Eglise et tout ce qui est religieux ».C’est cette approche des questions de la famille a donné lieu à l’apparition d’organismes et d’institutions qui, sous prétexte de défendre l’un ou l’autre membre de la famille, se sont immiscées dans la vie familiale, ravivant les divergences et les conflits au lieu de promouvoir l’entente, l’affection et la cohésion de ce noyau essentiel de la société, a relevé la conférencière. S’agissant de la conception islamique de la famille, la conférencière a expliqué qu’elle insiste sur les responsabilités de chaque membre de la famille au lieu de privilégier l’approche revendicative (droits de la femme, droits de l’enfant…), ce qui contribue grandement à la préservation de la cohésion de l’institution familiale. Enfin, Mme Mekkaoui a saisi cette occasion pour se féliciter du projet de Code de la Famille dont les grandes dispositions ont été annoncées par le Souverain soulignant que la pertinence et la singularité de ce code apparaît à travers le fait qu’il tient compte des accords et conventions internationales relatives à la famille tout en s’en tenant aux préceptes immuables de notre religion islamique.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *