Une circonscription convoitée par tous

Rabat-Océan ou Rabat-Mouhit. Le nom renvoie au premier abord au vieux quartier espagnol de la capitale du Royaume qui recèle de belles pages de l’histoire aussi bien de la ville que celle du pays tout entier. Mais en termes de législatives, Rabat-Océan est la plus grande des deux circonscriptions de la capitale administrative. Couvrant les communes de Yacoub El mansour, Agdal-Ryad et une bonne partie de Rabat Hassan, elle comprend plus des deux tiers du territoire de la ville. Son corps électoral est constitué de 206 212 électeurs inscrits. La circonscription de Rabat-Chellah, elle, n’en compte que 125.157. Ce qui fait d’elle l’une des vingt circonscriptions les plus représentatives du pays. Représentative, cette circonscription l’est également par le profil de ses électeurs.
Le corps électoral est légèrement à dominance féminine. La gente féminine est au nombre de 130 605 contre 102 607 masculine. La plupart des électeurs inscrits ont entre 30 et 40 ans (58 577), détenteurs de diplômes secondaires et plus (112 000) et appartenant à des catégories socio-professionnelles allant des fonctionnaires, au nombre de 29 983, aux chômeurs qui dominent 61 406. C’est dire l’intérêt qu’une telle circonscription peut présenter aux yeux des candidats. Ce n’est donc pas un hasard si on y relève la candidature de trois ministres, trois députés sortants, un chef de parti et des personnalités non-négligeables au sein des partis politiques qu’ils représentent. Tous sont en compétition pour quatre sièges.
A commencer par Mohamed Elyazghi, premier secrétaire adjoint et ténor au sein de l’USFP, ministre de l’Aménagement du territoire et député sortant. Même si ce dernier affiche la certitude de pouvoir l’emporter le 27 septembre prochain, des membres de la formation du Premier ministre socialiste affirment que rien n’est gagné d’avance. Les faits sont là pour confirmer ce constat puisque Elyazghi devra croiser le fer avec plus d’un candidat.
A commencer par Abdelmjid Bouzoubaâ, ancien membre du bureau politique de l’USFP et actuel secrétaire général du Parti du congrès national Ittihadi (PCNI). Il s’agit d’un ancien compagnon de route, devenu, avec son parti, le frère ennemi de l’USFP. Le duel promet d’être des plus passionnants étant donné le poids que représente chacun des deux candidats au sein de son parti et de la nature même des rapports qu’entretiennent les deux formations. Parti dissident de la formation d’Abderrahmane Youssoufi, le CNI, qui n’est désormais autre qu’un parti d’opposition, a critiqué à maintes fois le bilan du gouvernement d’alternance. Le mot d’ordre est donc celui de la concurrence, surtout quand on ajoute au deux précédents « rivaux » un Abdelhamid Aouad, ministre de la Prévision économique et du Plan et membre du bureau exécutif du Parti de l’Istiqlal, qui reste aussi à craindre.
Le bloc constitué entre les deux plus vieilles formations politiques du pays n’ayant plus sa raison d’être, c’est à chacun de faire cavalier seul. Ministre des droits de l’Homme et membre du comité exécutif du RNI, Mohamed Aujjar est également en lice dans cette circonscription. Un grain de sel pour pimenter la course aux sièges auquel s’ajoutent quatre autres candidats de taille. Lahoucine Kerroumi, président PJD de la commune Yacoub El Mansour (majoritairement populaire et où le chômage et l’informel font ravages) et député sortant, se présente de nouveau. Mohamed Grine, haut cadre du PPS, est candidat en lieu et place de Omar El Fassi. Deux autres noms sont à retenir : Ahmed Herezni, membre du secrétariat général de la Gauche socialiste unifiée (GSU) et Saïd Oulbacha, membre du bureau politique du Mouvement Populaire (MP), également en lice. L’enjeu est donc clair et il n’est autre que politique, vue la taille des candidats. La bataille électorale est à suivre.

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