Une circulation intense est prévue dans les prochaines semaines : Appel à la vigilance !

Une circulation intense est prévue dans les prochaines semaines : Appel à la vigilance !

Les transports routiers et plus particulièrement le transport individuel automobile demeurent de très loin le mode le plus accidentogène. En moyenne, 3.500 personnes meurent et plus de 100.000 autres sont blessées chaque année sur nos routes.

Les voies d’amélioration de la sécurité routière supposent une action continue, sans relâchement sur le triptyque infrastructures, prévention, et comportements des usagers. Inadvertance des conducteurs et des piétons non-respect de la priorité, excès de vitesse, non-respect de la distance de sécurité, changement de direction sans usage de signal, perte de contrôle, changement de direction non-autorisé, non-respect du stop, conduite en état d’ébriété, circulation sur la voie de gauche, non-respect des feux de signalisation, dépassement défectueux circulation en sens interdit… tous ces facteurs constituent les causes des accidents de la route.

Les transports routiers et plus particulièrement le transport individuel automobile demeurent de très loin le mode le plus accidentogène. En moyenne, 3.500 personnes meurent et plus de 100.000 autres sont blessées chaque année sur les routes marocaines. Rien qu’entre le 1er et le 7 juillet 2019, dix-sept personnes ont trouvé la mort et 1.957 autres ont été blessées, dont 71 grièvement, dans 1.473 accidents de la circulation survenus en périmètre urbain, à en croire la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN). Au niveau des opérations de contrôle et la répression des infractions, les services de sûreté ont enregistré 41.572 contraventions et rédigé 10.137 procès-verbaux qui ont été soumis au parquet général, alors que 31.435 amendes transactionnelles ont été recouvrées sur la même période.

Les sommes perçues ont atteint 6.254.900 dirhams, faisant état de la mise en fourrière municipale de 4.450 véhicules, de la saisie de 5.545 documents et du retrait de la circulation de 142 véhicules, selon la DGSN. Près de 5 millions de véhicules sont en circulation. L’évolution du parc automobile au Maroc s’accompagne malheureusement par une hausse du nombre d’accidents de circulation. En constante augmentation, il est estimé à 4,9 M de véhicules en 2017 marquant ainsi une hausse de 67% sur la période 2008-2017. Plus en détails, le parc compte 2,8 M véhicules particuliers, soit 57% du parc. Les véhicules particuliers comptent 77.280 taxis (45.280 grands taxis et 32.000 petits taxis) 141.000 de voitures de location dont 29.000 en longue durée. Du côté des véhicules utilitaires, elles ont atteint 1,1 M véhicules, soit 22% du parc, 642.244 utilitaires légers, 5.523 cars-autocars-mini cars, et 5.109 autobus-bus-mini bus. Ce parc compte également 1,03 M de motos (soit 21% du parc), 900.000 cyclomoteurs, 130.000 motos sup à 50 cc (immatriculés) et 200.000 triporteurs (estimations 2016), d’après une étude effectuée par le Groupe Sunergia et Nevolys.

En cette période de vacances, une grande partie de nos concitoyens se déplace vers les espaces attractifs par leur climat créant donc des mouvements de déplacements importants et une pression sur les moyens et les voies de transport. Le chassé-croisé qui s’annonce sur nos routes promet une circulation intense durant les prochaines semaines. Cette mobilité estivale est précédée par la préparation d’un ensemble de dispositifs de la part des principaux acteurs du secteur routier afin de rendre plus agréable cette expérience aux voyageurs et assurer les conditions de sécurité nécessaires aux estivants. Ce dispostif incite les usagers de la route à adopter une attitude de conduite responsable à travers diverses initiatives à l’exemple de la charte de bonne conduite lancée par le CNPAC il y a quelques mois ne mobilisant pas moins de 61.883 signatures à ce jour.

Pour illustrer le grand mouvement de mobilité estivale et alerter sur les dangers du non-respect du code de circulation qui s’en suit, ce supplément s’attachera à faire une lecture des chiffres et présenter le dispositif mis en place par les différents acteurs du secteur routier et ferroviaire dans une démarche citoyenne de sensibilisation tout en faisant appel aux principaux acteurs du secteur des transports.

Dans ce cadre, ce supplément détaillera les chiffres des accidents de la circulation durant les 10 dernières années et donnera un aperçu sur les principales dispositions prises pour réduire les accidents dans la période estivale.

Plus de 40.000 morts en 10 ans

Ce n’est un secret pour personne, nous routes sont mortelles et cette guerre n’épargne personne. En témoignent les chiffres affligeants enregistrés durant les dix dernières années. Ainsi, entre 2008 jusqu’à fin 2018, le nombre total de vies fauchées a atteint 42.464 morts. Se référant aux statistiques de la direction des routes ainsi qu’aux chiffres provisoires communiqués par le CNPAC sur l’année 2018, il semblerait néanmoins que nous sommes passés de 4.162 morts en 2008 à 3.485 décès en 2018 affichant donc une baisse significative.

Pas moins de 800.000 accidents entre 2008 et 2018

Dans la même période, le nombre total des accidents de la circulation s’est accru passant de 64.715 accidents en 2008 à 96.133 en 2018 enregistrant au total 811.763.

Plus d’un 1,2 million de blessés

Dans le même registre, on dénombre un nombre de blessés qui a atteint 1.208.954 sur les 10 ans.

Hausse de 10% du nombre des morts sur les 4 premiers mois de l’année 2019 et un plan d’urgence dans le pipe

Une hausse de 10% du nombre des morts à fin avril 2019 par rapport à la même période en 2018 a été enregistrée (1.357 morts) selon la tutelle. Dans le détail, le nombre de morts en milieu urbain a augmenté de 7,27% alors que hors agglomération, l’augmentation est de 11,08%. Au cours du mois d’avril une croissance du nombre de morts en raison des accidents de la circulation a été enregistrée (28,19%).

Les décès en motocycles ont augmenté de 34,15%, suivis des voitures (32,17%), des piétons (23,46%) et du transport de marchandises (4,82%). Les principales causes des accidents mortels recensées sont l’excès de vitesse (38,8%), le manque d’attention (27,5%), le défaut de maîtrise des véhicules (14,2%) et le dépassement défectueux (2,9%). La tutelle avait dévoilé en début du mois de juin la mise en place d’un plan d’action d’urgence visant à améliorer les indicateurs de la sécurité routière durant la période estivale en renforçant les mesures au niveau du contrôle routier et technique, la communication et la sensibilisation et les soins dispensés aux victimes d’accidents. 

L’objectif de 3.000 morts en 2020 est-il réalisable ?

Combattre l’accidentologie routière sous toutes ses formes n’est pas une chose qui se fait du jour au lendemain. Depuis 2017, le Maroc a lancé une stratégie ambitieuse qui vise à réduire le nombre de tués sur les routes. Elle s’inscrit sur le long terme et s’appuie sur l’ancrage des comportements responsables assurant des routes plus sûres au Maroc. Cette stratégie fixe un objectif chiffrable qui se traduit par la réduction, à l’horizon de 2026, de la mortalité routière de moitié afin d’atteindre moins de 1.900 tués sur les routes en 2026. L’objectif intermédiaire serait de ne pas dépasser 3.000 tués en 2020.

Pour ce faire, l’approche adoptée pour atteindre cet objectif, est basée sur une analyse et un scanning scientifique des statistiques de l’accidentologie qui a permis de dégager des enjeux stratégiques pour lesquels le potentiel de réduction du nombre de victimes ou de la gravité des séquelles d’accidents est plus important, à savoir : les piétons (992 décès, 28% de l’ensemble des tués), Les «2 et 3 roues motorisées» (852 décès, 24% de l’ensemble des tués), les accidents impliquant un seul véhicule (545 décès, 16% de l’ensemble des tués), les enfants de moins de 14 ans (356 décès, 10% de l’ensemble des tués), les transports professionnels (305 décès, 8,7 % de l’ensemble des tués).

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