Une décharge bien encombrante

L’atmosphère devient nauséabonde une diz-aine de kilomètres avant d’arriver à la hauteur de l’immense décharge de Route de Médiouna. Le Grand Casablanca y déferle chaque jour près de 3000 tonnes d’ordures ménagères. Même chiffre que la ville de Barcelone en Espagne. Sauf que là-bas ils disposent de plusieurs endroits de décharges et d’un matériel à la mesure d’un traitement efficace, ce qui est loin d’être le cas de la ville blanche. Cette décharge constitue une catastrophe écologique. Elle contamine la nappe phréatique et certaines matières sont cancérigènes.
Autant de raisons qui poussent les autorités locales à prendre très au sérieux ce problème. En effet un appel d’offres est déjà lancé concernant la gestion des déchets. En attendant, il faudrait un minimum d’organisation des horaires et des moyens de la collecte des ordures ménagères. Souvent, les camions qui s’en occupent ne répondent pas aux normes universelles, d’autant plus que la tournée des collectes se fait la plupart du temps en plein milieu de la journée, se mêlant ainsi à la foule et bloquant la circulation en attendant le ramassage, sans parler des débris d’ordures éparpillés un peu partout. Or en principe, cela se fait au petit matin ou tard dans la nuit. En venant de Casablanca, la porte de la déch-arge, sorte de portail en métal rouillé, se trouve à droite. A peine les premiers mètres franchis, il devient impossible d’avancer. Nos ordures étant « riches » en matière organique (70% d’eau), elles donnent naissance à des mares boueuses qu’il faudrait pomper pour une mise à niveau du terrain. Ce magma de boue et de débris d’ordures empêchent les camions d’avancer à l’intérieur les obligeant ainsi à déballer leurs chargements juste après l’entrée. Une action qui arrange les bergers et les fouineurs qui viennent à la cueillette chaque fois qu’un nouveau chargement se pointe à l’entrée avant d’arriver aux fosses conçues pour enterrer les ordures. Si le terrain n’était pas marécageux des carrières encore vides bien au milieu de l’enceinte seraient exploitées à ces fins. Pour remédier à cette situation, la Communauté Urb-aine de Casablanca (CUC) a élaboré un système susceptible de mettre un peu d’ordre, à commencer par la gestion du personnel qui s’occupe de la décharge. Il faut signaler que certaines communes ne disposent pas de véhicules adaptés à la collecte. Elles recourent le cas échéant à des camions-bennes qui transportent les ordures en vrac. Néanmoins, ces problèmes sont en voie de résolution depuis que la société AZAM TP s’occupe de la gestion de la décharge. Première mission, ouvrir l’accès vers l’intérieur de l’enceinte. Mais il s’est avéré que des habitations de fortune y ont poussé comme des champignons.
Des fouineurs qui ramassent tout ce qui leur semble encore utile, plastique, carton, bidons, ustensiles etc. Il s’agit de gens (parfois des familles entières) fuyant la campagne, la banlieue et les bidonvilles, surtout après ces longues années de sécheresse.
Plus d’une centaine de baraques sont détruites par les services concernés, mais apparemment il faudrait du temps pour dissuader ces gens pour qui l’univers de la décharge représente une source de revenus.
La preuve c’est qu’ils sont nombreux de nos jours à anticiper la collecte en venant eux-mêmes vers Casablanca à bord de petites charrettes tirées par des ânes et procèdent à la fouine sur place. Autant d’handicaps dans un secteur qui porte sur la santé des citoyens, l’environnement et l’esthétique de la ville blanche.

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