Une dernière perche au Polisario

Le conseil de sécurité des Nations Unies à adopté mardi la résolution 1380 (2001) prorogeant de trois mois, jusqu’au 28 février 2002, le mandat de la mission des nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara (Minurso). Le conseil, qui s’est réuni sous la présidence de l’ambassadrice jamaïquaine, Patricia Durrant, prie également le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan de lui présenter au plus tard le 15 janvier prochain, un rapport intérimaire pour l’informer de tout fait nouveau et de faire à son intention le point de la situation au plus tard le 18 février. Le conseil de sécurité met la pression aux parties qui s’opposent à la mise en oeuvre du plan James Baker, l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU. Ce dernier avait formulé dans une lettre, le 12 novembre dernier, le besoin de disposer de davantage de temps pour amener toutes les parties au différend à négocier sur la base de l’accord-cadre relatif au statut du Sahara. La résolution 1359 adoptée le 29 juin dernier par le conseil de sécurité, avait encouragé les parties à examiner le projet d’accord-cadre proposé par James Baker. Une porte avait ainsi été ouverte, puisque le texte onusien invitait les belligérants à négocier toutes les modifications qu’ils souhaiteraient expressément voir figurer dans cette proposition. Pour cela, il avait eu un délai de 5 mois. Il se trouve que ce texte, qui aurait pu engager de sérieuses négociations en vue du règlement définitif du conflit, a été systématiquement refusé par l’Algérie et le Polisario. Le Maroc lui, a, dès l’adoption de la résolution, fait état de sa pleine disponibilité pour négocier sur la base de l’accord-cadre. Une position qui ne tranche pas avec le souci permanent du Royaume de s’aligner sur la légalité internationale. Le Royaume «demeure convaincu que seule la mise en oeuvre complète et de bonne foi de la résolution 1359 permettra une solution définitive et durable de la question du Sahara dont dépend la relance de la coopération dans la région du Maghreb », a déclaré le représentant permanent du Maroc auprès des nations unies, l’ambassadeur Mohamed Bennouna. Une position qui a fini par être ralliée par des parties étroitement concernées par le conflit, comme l’Espagne qui a annoncé récemment par la voix de son chef de la diplomatie, Josep Piqué son acceptation du Plan Baker. Aujourd’hui, alors que le conseil de sécurité vient de décider de la prorogation du mandat de Minurso, une nouvelle et peut être dernière perche est tendue aux parties qui s’opposent au plan de règlement proposé par James Baker. Il est temps pour chacun d’assumer ses responsabilités et de donner des preuves de sa volonté de parvenir à un règlement de la question du Sahara. Dix années d’efforts infructueux pour organiser le referendum ont fini par venir à bout des patiences. On n’y croit plus au niveau international. C’est dire si le fonds de commerce des séparatistes et leurs alliés s’amenuise de jour en jour. A mesure que se confirme leur isolement. Ce nouveau délai sera sans doute mis à profit pour dépêcher des émissaires auprès des récalcitrants. Une perche tendue que ne sauraient refuser ceux qui s’enlisent dans les sables mouvants du désert.

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