Une fausse promesse de mariage

Une fausse promesse de mariage

«Je l’aimais Monsieur le président», a déclaré Mohamed, un jeune homme de vingt-sept ans, devant la Cour. L’assistance a éclaté de rire quand elle a entendu cette déclaration d’amour. Le président de la Cour près la chambre criminelle à Casablanca a ordonné à l’assistance de rester calme pour continuer l’audience dans de bonnes conditions. « Aimer n’est pas violer, hein ! », s’adresse le président de la Cour à Mohamed qui s’est contenté de baisser la tête sans dire un mot. Puis quelques minutes plus tard, il lance un regard furtif vers le président et rétorque : « mais je ne l’ai jamais violée.».
Mohamed a clamé depuis le début de l’audience son innocence. L’histoire a commencé il y a de cela deux ans. Le mis en cause a rencontré, dans son quartier Derb Soltan, sa bien-aimée Leïla, une jeune fille de 18 ans. C’était le coup de foudre. « Nous échangions des regards et des sourires», raconta-t-il aux trois magistrats de la Cour. Après avoir décroché un diplôme de formation professionnelle, il a été embauché dans une société de textile. Au fil des jours, une relation amoureuse est née entre les deux tourtereaux. Mohamed, lui, a même fait une promesse de mariage.
Leïla l’a cru sur parole. Ils se rencontraient de temps en temps pour passer d’agréables moments dans un café du centre-ville. Parfois, ils vont au cinéma où ils s’embrassaient avec volupté. Un jour, il lui a demandé de l’accompagner à une baraque, située au carrière Kabla, à Hay Mohammadi. La baraque appartenait à l’un de ses amis. Ils y passaient des moments intimes. Toutefois, Leïla tenait absolument à sa virginité. Une question d’honneur. Se considérant une fille de bonne famille, elle voulait la garder pour la nuit de ses noces. Pour celui qui va être son mari. Mohamed, lui, ne l’entendait pas de cette oreille. Il avait hâte de passer à l’acte. Un jour, Il l’a même suppliée. Mais en vain. Leïla était catégorique. Hors de lui, il s’est transformé en un vrai monstre. Sans pitié, il l’a violentée pour l’obliger à céder. Elle résistait de toutes ses forces avant de s’abandonner à son compagnon. Quelques gouttes de sang entachaient le drap.  Elle s’est fondue en larmes, regrettant amèrement son geste. Pour arranger le problème, elle lui a demandé de l’épouser le plus tôt possible. Il lui a promis de venir voir ses parents pour la demander au mariage. Seulement, une fois sorti de la baraque, il lui a tourné le dos. Il n’a pas honoré sa promesse. Elle s’est rendue chez lui pour le supplier de mettre fin à son malheur.
Mais, il lui a fait comprendre qu’il n’a pas l’intention de se marier avec elle. Et elle a fini par porter plainte. Mohamed a avoué son délire devant la police. Mais, il l’a nié devant la Cour. Il a affirmé que Laïla avait des relations avec d’autres jeunes garçons du quartier. «Non», a-t-elle répondu devant les trois magistrats. Les larmes aux yeux, elle a raconté toute l’histoire aux juges. Elle n’imaginait pas qu’il allait l’abandonner, a-t-elle précisé à la Cour. Pour élucider cette affaire, la Cour a convoqué des témoins.
Ces derniers ont tous attesté que le couple avait une relation amoureuse. Ils ont rejeté les accusations de Mohamed selon lesquelles Laïla avait d’autres liaisons amoureuses. Mohamed a été jugé coupable et a été condamné à deux ans de prison ferme.

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