Une feuille de route pour le progrès

Une feuille de route pour le progrès

L’association Alternatives veut mobiliser les formations de la gauche et forces de progrès à l’occasion des prochaines élections législatives. Ce sera, selon cette ONG, la dominante de l’université du printemps qui aura lieu cette année à Marrakech du 23 au 25 mars.
Pour Alternatives, le Maroc vit quelques problèmes majeurs et une conjoncture générale qui «débouche sur un renforcement relatif du mouvement intégriste dont certaines tendances manifestent une volonté de détruire la cohésion sociale». Après cet énoncé sous forme de constat, l’ONG dirigée par Driss Benali affirme qu’«il est grand temps que les forces de progrès et de modernité se ressaisissent et présentent un projet mobilisateur et une alternative crédible à la population».
Alternatives, dans la perspective de la rencontre de Marrakech et à laquelle elle a convié les leaders de plusieurs partis politiques, a élaboré ce qu’elle appelle une «plate-forme minimale» autour de laquelle elle ambitionne d’unifier la gauche et les forces de progrès. Les «50 propositions pour un Maroc émergant» englobent trois grands pour autant de terrains d’action. Le tout guidé par quatre grands principes : une gouvernance démocratique, une économie de marché sans rentes, une société de protection contre les dérives de la mondialisation et enfin une société juste et respectueuse de l’égalité des chances. Les cinquante propositions d’Alternatives sont destinées, selon les responsables de cette dernière, à interpeller les politiques et lancer le débat. L’ONG part, là encore, d’un grand énoncé qui stipule que «le Maroc du 21ème siècle sera ce que les Marocains feront de leurs libertés, de leur économie et de leur situation humaine».
Pour ce qui est des cinquante propositions formant la plate-forme en question, les premières s’intéressent d’abord à la gouvernance et à la démocratie. A commencer par la Constitution qui devrait reconnaître «l’Islam en tant que valeurs et référentiel culturel et historique comme religion d’Etat tout en consacrant la liberté de conscience, de croyance et de culte», mais aussi l’amazighe en tant que langue nationale aux côtés de la langue arabe. Pour Alternatives, la Constitution devrait également consacrer le principe de régionalisation avec des «régions homogènes, viables économiquement et largement autonomes». Mais réduites à huit seulement avec un statut particulier pour les provinces du Sud, à titre transitoire. Alternatives demande aussi que soit revu à la baisse le nombre des parlementaires avec une première Chambre plus efficace et plus entreprenante et une deuxième Chambre où seraient représentés les instances élues des régions. Cet appareil législatif devrait contrôler un gouvernement «fort et responsable» doté de «compétences larges et exclusives pour la conduite de la politique générale du pays», mais aussi de «compétences partagées avec le Roi en ce qui concerne les grands chantiers du pays, la sécurité interne, la défense nationale, la politique étrangère et la nomination des hauts commis de l’Etat».
D’autres propositions concernent les volets économique, social et éducatif. Cependant, Alternatives annonce la couleur dès le début. Après avoir rappelé la nécessité de développer l’esprit de la citoyenneté, elle a appelé à «renforcer le rapprochement entre le Palais et les forces de progrès par une accélération mesurée de la transition démocratique».

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *