Une Fondation et des jardins

Combien de fois avons-nous assisté à la destruction progressive d’espaces verts. Non, on ne parle pas d’un manque d’entretien ou d’usure normale. On parle de ces petits espaces verts créés à l’occasion de construction de complexes immobiliers destinés aux logements sociaux. Ces petits jardins disparaissent aussi rapidement qu’ils ont été aménagés. Et l’explication qui revient fatalement est la suivante : « c’est des barbares, ils ne méritent pas qu’on leur aménage des espaces verts ! ». De tels propos circulent et trouvent rapidement preneurs. Ce sont des déclarations discriminatoires comme celles-là qui participent à alimenter cette vision défaitiste et noire qui fait des ravages dans notre société. La situation pour ces petits jardins de fortune peut être facilement généralisable aux grands jardins dont se targuait jusqu’à des temps récents le Maroc. Les Arsates des vieilles Médinas, les Jnanes  de Fes, les quelques parcs datant de quelques décennies…etc sont une richesse dont il faut faire la promotion. Il faut les refaire vivre et en faire des centres de loisirs dans une optique durable.  C’est ce qui est en train de se faire grâce à la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement. Cette Fondation a développé plusieurs programmes dont celui intitulé «Villes fleuries ». Ce programme va nous permettre de profiter à nouveau de nos grands jardins historiques. Deux chantiers sont sur le point de se terminer : les jardins exotiques de Boulknadel et Arsat Moulay Abdeslam à Marrakech. L’originalié de ces projets, c’est qu’ils s’inscrivent dans des programmes avec des lignes directrices claires. S.A.R. la Princesse Lalla Hasna les a clairement définies en quatre points, depuis le départ des projets. En premier lieu, la réhabilitation des jardins doit se faire dans le respect de l’esprit de leurs fondateurs afin de les inscrire ultérieurement dans le réseau mondial des jardins historiques protégés. C’est la meilleure revalorisation que l’on peut donner à ce patrimoine. Deuxième axe et non des moindres : associer à chaque espace réhabilité un projet permettant de favoriser l’éducation environnementale ainsi que l’ouverture sur la modernité. En effet, une fois aménagé, le site doit être pris en charge en vue de garantir sa pérennité. Cette pérennisation ne passera surtout pas par la restriction d’accès à ces jardins. C’est le point qui vient en troisième position. Les jardins seront ouverts ainsi que les espaces qui leur sont associés à l’ensemble des couches de la population tout en les faisant participer au développement et à l’amélioration de l’offre touristique de notre pays. Enfin, il est décidé de mettre en place des organes autonomes pour la gestion et l’entretien des espaces réhabilités afin d’en assurer la durabilité et le développement ultérieur.
Voilà une vision claire basée sur la responsabilisation et l’adhésion générale. C’est dans cet esprit qu’ont déjà été menés les projets de sauvegarde des jardins exotiques de Bouknadel et Arsat Moulay Abdesslam à Marrakech. Le premier projet est en cours de réhabilitation avec le soutien de BMCE-Bank et de ses partenaires ainsi que l’ONMT. Ces jardins exotiques sont réouverts au public au courant du premier semestre 2005. Il est prévu, en deuxième phase, la réalisation sur un terrain limitrophe des jardins, d’une petite ferme pédagogique, d’un arboretum (plantation d’arbres) et d’un centre multimédia. Ces annexes sont destinées à l’éducation environnementale. Arsat Moulay Abdeslam quant à elle, a été réhabilitée avec le soutien de Maroc Telecom et ses partenaires. C’est dans le cadre de ce projet que Marrakech a pu être dotée, en première mondiale, d’un Cyber Parc offrant aux visiteurs les dernières technologies de l’information et de la communication. Cette Arsat ainsi que le Cyber Parc ont déjà ouvert leurs portes depuis le 12 fevrier dernier, date de son inauguration par S.A.R la Princesse Lalla Hasna.
La ville de Fès et de Casablanca ne seront pas en reste. Trois projets seront lancés en cours de cette année. Ainsi le mythique Jnan Sbil à Fès retrouvera la place qui lui revient. Du côté de la métropole, le jardin de l’hérmitage et le Parc de la Ligue arabe sont dans le collimateur.
Cette belle initiative de la Fondation Mohammed VI est à saluer. Espérons que ces projets permettront de changer les mentalités quant aux espaces verts en général. Les associations régionales doivent s’en inspirer pour la promotion des espaces verts. 

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