Une forme de diplomatie parallèle

Les dirigeants de l’Union socialiste des forces populaires sont catégoriques. La visite de Rodriguez Zapatero, le secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), à Rabat, a permis de donner un coup de pouce aux rapports bilatéraux entre les deux formations, membres, il est vrai, de l’Internationale socialiste. Mais surtout de faciliter le dégel des relations entre les deux pays. Il faut dire que jamais une visite d’un dirigeant politique n’a soulevé autant de passion que celle de M. Zapatero au Maroc. M. Maria Aznar a certainement oublié qu’il avait été reçu par les officiels marocains alors qu’il était dans l’opposition. Mais dans un climat de pression et de lobbying intenses, il ne peut que prendre le train des surenchères. Et pourtant, le PSOE n’a pas toujours été pro-marocain. Les déclarations de ses dirigeants ne débordent jamais sur la sacro-sainte alliance en matière d’ « intégrité territoriale » espagnole qui va au-delà de la péninsule ibérique et ne se distinguent pas fondamentalement du consensus retenu en Espagne sur les fondamentaux des relations avec le Maroc. Mais, la visite actuelle permet de faciliter le dialogue et d’explorer les voies pour rétablir des relations plus sereines entre les deux pays. Selon Khalid Alioua, la visite de M. Zapatero permet de dépassionner le débat et d’aller de l’avant. Même son de cloche du côté d’autres dirigeants socialistes marocains qui considèrent cette visite comme une forme de diplomatie parallèle. « Au fait, on a toujours reproché au département des Affaires étrangères son inefficacité sur certains dossiers. Mais jamais on ne s’est jamais posé la question : que faisons-nous pour y pallier», dit-on du côté de l’USFP. Et c’est vrai aussi que Me abderrahmane youssoufi, en tant que premier secrétaire de l’USFP, et non seulement en tant que Premier ministre, a agi dans plusieurs pays pour donner le coup de main nécessaire à la diplomatie marocaine. Le retrait de reconnaissance de la RASD par plusieurs pays s’inscrit dans cette logique. C’est dans cet état d’esprit que l’on considère la portée politique de la visite de Zapatero. Elle est intervenue au moment où les rapports maroco-espagnols sont au plus bas. Elle a pu raisonner les uns et les autres. Et les résultats ne sauront tarder. Pour le bien des deux pays et des deux partis.

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