Une fortune qui s’envole en fumée

Une fortune qui s’envole en fumée

L’affaire a démarré par une information importante parvenue aux limiers de la quatrième section judiciaire de la brigade urbaine près la sûreté de Casablanca-Anfa. Cette information faisait état qu’une importante cargaison de cigarettes blondes, en provenance d’un pays du Golfe allait être déchargée à l’aéroport Mohammed V, à Casablanca. S’agit-il d’une vraie ou fausse information ? Cette interrogation ne se pose jamais aux enquêteurs, parce qu’ils se lancent dans une enquête sur le terrain une fois l’information reçue. Les limiers de la quatrième section judiciaire, qui ne dérogent pas à cette règle, se sont dépêchés à l’aéroport pour surveiller de près le chargement des cigarettes par la voiture de la société transitaire, à savoir Transit Aéro-maritime pour le transport international (TST).
En dehors de l’aéroport, les enquêteurs sont restés planter à bord de leurs voitures. Quelques minutes plus tard, le véhicule surveillé est apparu, avec à son bord le chauffeur de la société transitaire (TST). Les limiers l’ont suivi à bord de leurs véhicules jusqu’au quartier Moulay Abdellah. Là, devant la porte d’un entrepôt, le chauffeur s’est arrêté pour commencer le déchargement de la marchandise et ce, sous les yeux du propriétaire.
Tout à coup, les éléments de la police qui le surveillaient sont descendus de leurs véhicules pour lui demander d’ouvrir l’un des cartons. Pourquoi ? Après qu’il eut appris leurs identités, le chauffeur leur a montré le propriétaire de la marchandise. Qu’est-ce qu’il importe ? Il leur a répondu qu’il s’agit de produits cosmétiques. La réponse a nécessité l’ouverture de l’emballage pour s’en assurer. Et le chauffeur a ouvert un carton, puis un deuxième, puis un troisième. Les enquêteurs ne sont pas étonnés de découvrir ce que leur indic leur a déjà révélé. D’un carton à l’autre, ils découvrent des cartouches de cigarettes, de marque Marlboro. Il s’agit de 47.000 paquets de cigarettes, soit 940.000 cigarettes. D’où est venue toute cette marchandise ? Pourquoi n’a-t-elle pas été découverte à l’aéroport Mohammed V ? La société transitaire qui en est en charge est-elle au courant ? Plusieurs questions ont hanté aussitôt l’esprit des enquêteurs. “Essahraoui“, propriétaire de la marchandise a aussitôt craché le morceau. Il importait effectivement des produits cosmétiques du Golfe.
Après quelques opérations conformes, sa société a été enregistrée chez les douanes comme l’une des sociétés qui importent, conformément à la loi. Depuis, le contrôle de sa marchandise ne s’effectue que sélectivement. Ce qui a permis à “Essahraoui“ de penser à introduire frauduleusement les cigarettes loin des yeux des douaniers et de leur système informatique. En connivence avec la société de transit, TST, il a importé du Golfe, comme à l’accoutumée, les produits cosmétiques et ce, avant de commencer la contrebande des cigarettes,. Depuis, il a gardé des cartons dans l’entrepôt où s’effectue le contrôle à domicile. Lorsqu’il est retourné dans la région du Golfe pour importer une fois encore les produits cosmétiques, il a chargé l’équivalent de la marchandise gardée au dépôt du quartier Moulay Abdellah, par des cartons renfermant cette fois-ci des cartouches de cigarettes. En rentrant au Maroc, il a changé les cartons renfermant les cartouches de cigarettes par ceux qui contiennent les produits cosmétiques, au cas où sa marchandise aurait été sélectionnée pour contrôle. Les paquets de cigarettes achetés dans les pays du Golfe pour moins de cinq dirhams l’unité se vendent à quinze dirhams sur le marché local. Il empoche donc un bénéfice de dix dirhams par paquet. Le propriétaire des cigarettes de contrebande a avoué aux enquêteurs avoir effectué trois autres opérations avant d’être arrêté. Chacune a porté sur la même quantité, à savoir 47.000 paquets de cigarettes de contrebande. Il a avoué également que la société de transit, TST, qui se charge de ses transactions, est au courant de ces manoeuvres et empochait en contrepartie des commissions. A titre d’exemple, a-t-il affirmé aux enquêteurs, il lui a versé lors de la dernière opération, qui a échoué, la bagatelle de 140.000 dirhams. En versant à la douane les taxes allant à 50.000 dirhams, la société de transit a empoché 90.000 dirhams.
Les enquêteurs ont arrêté également le responsable de la société de la société de transit, TST et son chauffeur.

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