Une Koweïtienne accusée de la mort de 55 personnes

Une Koweïtienne, accusée d’avoir incendié en août dernier une tente de mariage provoquant la mort de 55 femmes et enfants, a comparu mardi devant ses juges et plaidé non coupable d’un acte qui avait bouleversé le Koweït. Acte prémédité ou geste inconscient: les juges doivent se prononcer sur la culpabilité de Nasra Youssef Mohammed al-Anezi, 23 ans, qui semble avoir été mue par la jalousie car le mariage était celui de son mari qui prenait une seconde épouse. La jeune femme n’a eu qu’un seul mot devant le tribunal. «Non», a-t-elle répondu au juge Adel al-Sager qui lui demandait si elle avait provoqué l’incendie survenu le 15 août.
L’enquête avait déterminé qu’elle avait aspergé la tente d’essence avant d’y mettre le feu. Les convives n’ont pas eu le temps de quitter la tente qui s’est effondrée sur eux et certains ont péri dans le mouvement de panique. La mariée, elle, est parvenue à échapper à l’incendie, tout comme le marié puisqu’il se trouvait dans une autre tente réservé aux hommes. Selon l’un de ses avocats, Me Zaid al-Khabbaz, la jeune femme a été accusée d’«assassinat» et d’avoir «provoqué un incendie dans l’intention de tuer». Elle avait été arrêtée au lendemain de l’incendie, dont le premier bilan de 41 morts n’avait cessé de s’alourdir pour atteindre les 55 victimes.Le drame avait bouleversé le Koweït et soulevé des questions sur les conditions de sécurité dans lesquelles les tentes de mariage sont utilisées dans le pays, la rapidité des secours et la polygamie.
Le sinistre a eu lieu dans la localité de Jahra, à l’ouest de la capitale, habitée par des tribus conservatrices où, comme dans le reste du pays, les femmes ne se mêlent pas aux hommes pendant les fêtes de mariage. Habillée d’une longue tunique grise et le visage totalement recouvert, l’accusée a dû se faire aider par deux gardiennes pour s’avancer jusqu’à la barre. L’une des gardienne a alors soulevé son voile et elle est apparue pâle et déconcertée. Dans un premier temps, elle a refusé de répondre à la question du juge qui a ordonné de la faire asseoir et de lui donner à boire. Une fois calmée, elle a fini par lâcher son «non» timide. Les trois avocats de la défense ont demandé sa libération sous caution, affirmant qu’elle avait été maltraitée en prison.

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