Une Maroco-gambienne à La Haye

Une Maroco-gambienne à La Haye

Fatou Bensouda, procureure générale à la Cour pénale internationale

Fatou-Bensouda-et-Mohamed-Bensouda-Louzir-Zaouia-Khadra-et-Noureddine-Ryahi-Alliance-des-magistrats-1«Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir et dans notre mandat pour lutter contre la violence sexuelle dans les conflits. Parce que, comme vous le savez, dans ces conflits, les groupes les plus vulnérables sont malheureusement les femmes et les enfants. Qu’ils soient pris comme esclaves sexuels, pour un travail forcé, ou encore recrutés pour combattre dans des guerres où ils ne devraient pas être impliqués».

C’est là une récente déclaration de Fatou Bensouda pour le quotidien d’information britannique, The Guardian. Décrite comme l’une des femmes africaines et musulmanes les plus influentes au monde, Fatou Bensouda siège à la Cour pénale internationale (CPI), pour un poste des plus sensibles et controversés. Après avoir été pendant huit années procureure-adjointe au sein de la CPI, cette avocate gambienne d’origine marocaine est aujourd’hui procureure générale.
Agée de 55 ans, elle porte cet intérêt pour la justice en elle depuis qu’elle était écolière, en Gambie.  Cette dame qui a fait de la chasse aux tyrans sa mission est partie à la quête de ses rêves un peu partout. D’abord au Nigeria où elle entame ses études de droit. Une fois son diplôme de maîtrise en droit maritime international et en droit de la mer en poche, elle s’envole à New York avant d’atterrir en France, à Paris. Ici, elle décroche un diplôme en bénévolat au sein du Comité international olympique.
Fatou-Bensouda-et-Mohamed-Bensouda-Louzir-Zaouia-Khadra-et-Noureddine-Ryahi-Alliance-des-magistrats-3Dans son échange avec les médias, Fatou Bensouda se dit habitée par la justice. «La question de la justice et de la responsabilité semble être dans mon ADN», ne cesse-t-elle de répéter. Son parcours appuie ses propos en tout cas. De retour à sa ville de naissance, Fatou Bensouda a grimpé les échelons pour devenir en 1987 procureure en Gambie,  puis procureure générale de Banju avant d’occuper le poste de ministre de la justice de 1998 à 2000. Elle occupe par la suite le poste de conseillère juridique, chef du service des avis juridiques et substitut du procureur au sein du Tribunal pénal international pour le Rwanda.

Cette dame de loi ne rejoint la CPI qu’en 2004. A La Haye, elle fait ses preuves et finit par être élue à un poste des plus prestigieux. Le 15 juin 2012, celle-ci succède à Luis Moreno Ocampo et devient de ce fait procureure générale de la Cour pénale internationale. L’on retrouve parmi ses conseillers le juriste marocain Mohamed Ayat. D’origine marocaine également, Fatou est mariée à un homme d’affaires marocain qui porte le même nom de famille, Bensouda, et avec qui elle a deux enfants. Son époux, qui aurait fait fortune dans la pêche, l’a rejoint, à La Haye depuis plus de deux décennies.

Il y a lieu de souligner dans ce sens qu’un bon nombre de la fameuse famille d’origine fassie a choisi de s’installer en Afrique subsaharienne, généralement pour des raisons de business. En Gambie, l’on parle d’une migration de la famille Bensouda qui date des années 20. Comme tout Marocain fier de ses origines, Fatou Bensouda a rendu plusieurs visites au pays. La dernière en date a été sur invitation du président de l’Association Zaouia Khadra pour l’éducation et la culture, Mohamed Bensouda Louzir. Celui qu’elle appelle «Uncle» l’a accueillie à Tétouan le 5 mai dernier où un fervent hommage lui a été rendu par l’Alliance des magistrats du Maroc.
Fatou-Bensouda-et-Mohamed-Bensouda-Louzir-Zaouia-KhadraL’on relève parmi les différentes prises de position de Fatou Bensouda sa dénonciation de «l’inaction et la paralysie du Conseil de sécurité de l’ONU sur le front du Darfour».

Elle s’intéresse particulièrement aux conflits en Irak, en RDC ou encore en Côte d’Ivoire. Elle se penche sur plusieurs dossiers de crimes de guerre en Afrique et ailleurs et participe aux négociations préalables au traité instituant la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). De par la particularité de son poste, cette dame est amenée à diriger de nombreuses enquêtes de terrain. Elle en a, en effet, conduit plusieurs, notamment en RDC, Darfour ou encore en Côte d’Ivoire où elle recueille les récits liés aux crimes de guerre et aux génocides.

Pour ses actions et initiatives dans le domaine où elle exerce, Fatou Bensouda a été sélectionnée par le prestigieux magazine Time pour figurer parmi les 100 personnes les plus influentes au monde. Un autre magazine, Jeune Afrique, l’a listée comme étant l’une des 50 femmes africaines qui font avancer le continent africain.

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