Une meilleure répartition des ressources financières serait efficace contre la pauvreté

Une meilleure répartition des ressources financières serait efficace contre la pauvreté

Le HCP pointe du doigt le mode de financement général des programmes sociaux

En 2014 près de 30% des subventions budgétaires destinées au soutien des produits alimentaires et de butane ont été destinées aux 20% des ménages ayant le niveau de vie le plus élevé, contre 13% aux 20% les plus défavorisés.

Orienter les ressources financières à bon escient reste le principal outil pour lutter contre la pauvreté et la vulnérabilité au niveau territorial. C’est ce que recommande le Haut-Commissariat au Plan. Le département d’Ahmed Lahlimi a présenté, mercredi 17 mai, la nouvelle cartographie de la pauvreté. Ce dispositif, visant à éclairer les décideurs dans l’affectation géographique et sociale des ressources budgétaires met en relief un modèle de ciblage géographique pour la réduction de la pauvreté. Le HCP relève dans ce sens les distorsions dues au mode forfaitaire de ciblage de la lutte contre la pauvreté.

En se basant sur l’Enquête nationale sur la consommation et les dépenses des ménages (ENCDM), le HCP dévoile qu’en 2014 près de 30% des subventions budgétaires destinées au soutien des produits alimentaires et de butane ont été destinées aux 20% des ménages ayant le niveau de vie le plus élevé, contre 13% aux 20% les plus défavorisés. L’analyse du HCP souligne un rapport de plus de 2 fois au profit des ménages ayant un niveau de vie plus élevé. Ahmed Lahlimi, haut-commissaire au Plan, indique dans l’allocution consacrée à cette enquête que «ce rapport est de 2,4 fois dans le cas de la farine nationale de blé tendre, 3,4 fois dans celui du sucre et de 1,9 fois dans celui du gaz butane». Il s’avère également que ce type de distorsion apparaît dans le domaine de la couverture médicale, le Ramed. Celui-ci supposé couvrir la population pauvre et vulnérable non couverte par un système d’assurance maladie.

Selon l’analyse du HCP, seuls 26,1% de ces bénéficiaires provenaient du un cinquième ayant le niveau de vie le plus faible, 7,6% appartenaient au un cinquième des plus aisés. Dans le même sens, l’accès de la population au système public d’éducation et de formation est également touché par ces défaillances. Les experts du Haut-commissariat au Plan ont mis l’accent sur les mécanismes sociaux de sélection. Ainsi, près de 30% des promotions du secondaire et supérieur de 2014 relevaient, dans ce domaine, de la catégorie des 20% les plus aisés contre 10% appartenant aux 20% les plus défavorisés.

Ciblage géographique

Sur un total de 1.683 communes et centres urbains, le HCP a relevé que 39,2% ont un taux de pauvreté monétaire inférieur à 5%. Par ailleurs, 29,8% de ces entités territoriales ont un taux de pauvreté monétaire allant de 5 à 10%. Dans la même lignée, 23,8% de ces communes et centres urbains comptent une pauvreté monétaire entre 10 et 20%. Plus en détails, cette analyse a couvert 1.279 communes rurales. Il s’est avéré que le taux de pauvreté monétaire est inférieur à 5% dans 28,5% de ces entités. Par contre, ce taux se situe entre 5 et 10% dans 34,4% de ces communes et varie dans une fourchette comprise entre 10 et 20% dans 28,2% des communes.

Dans le milieu urbain, l’institution a passé au crible la pauvreté monétaire dans 404 communes et centres urbains. Les chercheurs du HCP ont révélé que 73,3% de la population de ces communes enregistrent un taux de pauvreté inférieur à 5% et 15,1% de ces entités comptabilisent un taux de pauvreté entre 5 et 10%. Les experts du HCP soulignent que cette lecture plus précise peut contribuer à la définition, à ces deux niveaux territorial et social d’une politique raisonnée de ciblage dans la lutte contre la pauvreté. Pour rappel, la cartographie actualisée de la pauvreté monétaire élaborée par les experts de l’Observatoire des conditions de vie de la population (OCVP) s’est effectuée sur la base d’un couplage des données issues en 2014 de l’Enquête nationale sur la consommation et les dépenses des ménages (ENCDM) et du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH).

/box]

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *