Une plate-forme pour le suivi des droits de l’enfant

Une plate-forme pour le suivi des droits de l’enfant

Cette plate-forme sera adaptée et intégrée comme base de référence dans le dispositif national d’observation, de veille et de suivi-évaluation développé par l’ONDE. Son implémentation pilote étant prévue au Maroc et au Canada.

«Les données sur l’enfance restent éparpillées et sectorielles». Le constat livré, lundi à Rabat, lors d’un séminaire international organisé par l’Observatoire national des droits de l’enfant (ONDE) sous la présidence de SAR la Princesse Lalla Meryem, laisse déjà augurer de la prise de conscience de l’importance des chiffres et de perspectives prometteuses pour cette jeune catégorie sociale. D’où le déploiement d’un nouveau dispositif.

Un système national

Cet éparpillement augmente, selon Lamia Bazir, directrice exécutive de l’ONDE, «le risque de chevauchement». Aussi, cette dispersion ne permet pas, selon ses dires, de fournir des «statistiques territorialisées et fiables». C’est pourquoi cette structure déploie ce nouveau système qui aura une valeur ajoutée dans ce sens. «L’ONDE lance, avec un appui de la GIZ (Agence de coopération internationale allemande pour le développement) et la chefferie du gouvernement, un dispositif national d’observation de veille et de suivi-évaluation de l’enfance au Maroc», précise-t-elle. Comme elle le détaille, ce dispositif, qui assurera l’interopérabilité entre les systèmes d’information et s’alimentera de tous les producteurs de données, permettra de centraliser toutes les données nationales sur l’enfance. D’après elle, ce système permettra également de faire la veille continue pour faire remonter les tendances et les urgences, d’orienter la prise de décision et d’évaluer les politiques et programmes ciblant l’enfance au Maroc.

Lancement au départ du Royaume

«Pour la première fois et à partir du Maroc sera présentée la plate-forme mondiale d’indicateurs pour le suivi des droits de l’enfant», ajoute-t-elle. Développée par le comité d’experts international Global Child, sur la base de la convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), ratifiée par le Maroc en 1995, et des objectifs de développement durable à l’horizon 2030, et conçue avec l’appui du comité des droits de l’enfant, cette plate-forme sera adaptée et intégrée comme base de référence dans le dispositif national d’observation, de veille et de suivi-évaluation développé par l’ONDE. Son implémentation pilote étant prévue au Maroc et au Canada.

Le surplus de la coopération canadienne

Egalement de la partie, Dominic Cardy, ministre de l’éducation et du développement de la petite enfance dans le New Brunswick (Canada), cette plate-forme «complètera les statistiques sur les droits de l’enfant». Pour lui, ces droits, comme ceux des jeunes, sont une «question de valeurs et de courage». Le ministre canadien, qui précise que des chiffres seront partagés entre les deux pays, présente l’expérience du New Brunswick. «Nous sommes en train d’établir un régime pour évaluer les écoles et juger la réussite des enfants. C’est notre responsabilité comme adultes», avance-t-il.

Données chiffrées

Intervenant à son tour à l’événement, Mustapha Ramid, ministre d’État chargé des droits de l’Homme, a préféré présenter des chiffres. Comme il le précise, 99,7% des enfants sont scolarisés au Maroc au titre de la saison 2018-2019. Aussi, 4 millions d’élèves ont bénéficié de l’opération un million de cartables. Quant au programme Tayssir, il a profité à 2 millions d’élèves. De plus, un million d’élèves a bénéficié de l’hébergement et 150.000 élèves ont profité de l’aide directe aux veuves en 2018. Au titre des années 2017-2018, 23.000 personnes ont été inscrites à l’état civil. «Des écueils existent et des défis restent à relever», commente-t-il. A propos des droits de l’enfant, l’orateur indique que le plan d’action national en matière de démocratie et de droits de l’Homme prévoit un axe de 40 mesures et d’autres supplémentaires pour la protection de l’enfant. Il rappelle également le lancement par son département, celui de l’éducation nationale, la formation professionnelle, l’enseignement supérieur et la recherche scientifique et le Forum Citoyenneté du partenariat portant sur «la promotion de la culture des droits humains dans les établissements scolaires». Pour sa part, la ministre de la femme, de la solidarité, de l’égalité et du développement social, Bassima Hakkaoui, qui évoque les efforts du Souverain et de SAR pour la protection des enfants, indique que cette nouvelle plate-forme coïncide avec «la préparation du bilan d’étape de la politique de protection de l’enfance». «Un 5ème rapport sera consacré l’an prochain à la convention», poursuit-elle. L’intervenante s’exprime également sur le déploiement, dans l’année en cours de systèmes territoriaux pour la protection de l’enfance et un système d’information et d’évaluation ainsi qu’une base de données pour le suivi des enfants dans le système de protection. Pour sa part, Anass Doukkali, ministre de la santé, qui a également présenté des chiffres, a saisi son passage pour faire l’annonce du lancement d’un «nouveau vaccin, Humain Pappilomavirus, pour les jeunes filles». «Le Royaume du Maroc s’est résolument engagé en faveur de l’agenda 2030 pour le développement durable. Le système des NU pour le développement demeure à ses côtés pour poursuivre son appui au moyen des projets et interventions spécifiques des agences, fonds et programmes qui le composent mais également à travers la mise en œuvre de programmes conjoints et le plan cadre des NU pour l’aide au développement pour 2017-2021», enchaîne, pour sa part, Florence Rolle, représentante de la FAO et coordinatrice résidente du système des NU par intérim.

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