Une prostituée éventre son client

En février 1976. Hadda, dix-huit ans, était au lycée. Le directeur frappe à la porte de sa classe, et lui annonce sans ménagement : «ton père est mort dans un accident de circulation». Hadda tombe des nues. Cette tragédie bouleverse sa vie. Le père qui la protégeait et la couvait vient de s’éteindre. Dépourvue de toute ressource, la mère devient femme de ménage. Seulement, elle n’a pas pu résister, elle l’abandonne. Hadda, également, abandonne ses études, commence à s’adonner à la prostitution, perd sa virginité. C’était le deuxième choc de sa vie. Elle n’a pas pu supporter cette réalité. Elle sombre dans la folie. Comment est-elle arrivée à Rabat ? Personne ne le sait. Là, elle est internée dans un hôpital psychiatrique. Trois mois plus tard, sa santé s’est améliorée. Elle retourne à Casablanca, travaille dans une usine de confection. Le salaire dérisoire perçu ne peut répondre à ses besoins. La solution était simple : devenir barmaid dans un bar du centre-ville. Au fil du temps, Hadda devient une professionnelle. Elle est parfois entraîneuse dans un bar, souvent barmaid dans un autre. De temps à autre, elle erre sur les trottoirs du boulevard Mohammed V, à la recherche d’un client. C’est là où elle a rencontré, le 16 juillet, Mohamed, 32 ans, marié, père de trois enfants, commerçant de son état. Elle l’accompagne à un restaurant, dînent. Il l’emmène à l’appartement, n°4, au 6ème étage de l’immeuble n°24 boulevard Bordeaux. L’appartement appartient à son gendre qui ne vient à Casablanca que rarement. Il en profite avec deux amis à lui, Abdellah et Mustapha. Ils étaient dans l’appartement cette nuit. Mohamed accompagne Hadda dans une chambre. Les deux copains étaient endormis. Sur le lit, Mohamed tend un billet de deux cents dirhams à Hadda. Elle s’étend sur le lit. Ils s’embrassent, se caressent. L’atmosphère est devenue très chaude. Mohamed lui demande de se mettre à plat ventre, tente de la sodomiser. Hadda refuse. Il essaie une deuxième et une troisième fois. Hadda se met en colère et le repousse violemment. Il réagit, la gifle avec force. Hadda court vers la cuisine sans savoir ce qu’elle faisait. Il la suit. Elle le surprend par un coup de couteau au niveau du coeur. Les cris de Mohamed réveillent ses amis. Ils se précipitent vers la cuisine, trouvent leur ami gisant dans une mare de sang. Ils enferment Hadda dans les toilettes et quittent l’appartement. Hadda profite de leur absence, défonce la porte des toilettes, ouvre l’appartement en utilisant un couteau et sort. À la dernière marche de l’immeuble, elle trouve la porte fermée, se cache dans un coin obscur du premier étage, attend jusqu’au moment où elle a entendu des bruits. Ces sont les pas des policiers et des éléments de la protection civile. Elle quitte les lieux. Le lendemain, 17 juillet. Trois heures du matin. Hadda était sur le boulevard de Bordeaux, près du cinéma Verdun, cherchant un taxi. Des agents de police descendent d’une fourgonnette et la conduisent au commissariat.

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