Une rixe qui tourne au drame

Une rixe qui tourne au drame

Mohamed, vingt ans, ne savait pas que ce lundi 5 juillet serait son dernier jour dans la vie. Quand il est sorti de chez lui, au quartier Maâti, à Settat, en compagnie de son frère jumeau, Khaled, il était plein de vie. Il rigolait avec son frère, souriait et gambadait de joie comme un petit enfant. Personne ne savait au juste ce qui l’avait ému ainsi. Même son frère, Khaled, auquel il ne cache rien, n’était pas au courant de ce qui lui est arrivé. Il l’avait vu avoir reçu un appel téléphonique. Mais il ne lui a pas dévoilé l’identité de son interlocuteur. Etait-ce sa copine avec qui, il était en discorde depuis quelques jours ? “Il divulguera le secret de sa joie après une ou deux parties de billard“, a pensé Khaled qui se contentait de partager avec lui sa gaieté. Pas loin de chez lui, à la rue Aïn Louh, il est rentré à la salle de jeux. Son frère, Khaled, l’a suivi tout en bavardant. Et ils ont commencé à jouer. Une première partie de billard américain terminée, puis une deuxième. Et Slimane fit irruption dans la salle. Il était plus ou moins cruel et sans pitié. Il a tourné ses yeux à gauche et à droite pour s’assurer s’il y avait quelqu’un qu’il connaissait. Oui, il y avait plusieurs jeunes de son quartier qui jouaient sans se rendre compte de sa présence. Mais aucune table verte ne lui a plu, sauf celle où jouaient les deux jumeaux, Mohamed et Khaled. Lentement, Slimane, vingt-deux ans, s’est avancé vers eux. Sans se rendre compte de quiconque les deux jumeaux ont continué à jouer en bavardant.
En arrivant près d’eux, Slimane a fait semblant qu’il ne les a pas remarqués, qu’il est attiré seulement par le jeu. Quelques secondes plus tard, Slimane s’est approché à la table verte au point qu’il a barré le chemin de Mohamed qui a commencé à jouer sa partie. “S’il te plaît, éloignes-toi un peu pour me permettre de jouer“, lui dit Mohamed d’une voix conciliante. Seulement Slimane l’a regardé d’un air goguenard sans bouger d’un iota. Sur un ton nerveux, Mohamed lui a demandé une fois encore de s’écarter de quelques centimètres pour qu’il puisse jouer tranquillement. “Et si je ne bouge pas ?“, le provoque-t-il intentionnellement. Aussitôt, Khaled l’a poussé violemment au point qu’il a perdu son équilibre et risqué de tomber. Reprenant son équilibre, il lui a asséné un coup de poing. A ce moment, Mohamed est intervenu pour défendre son frère et brutaliser Slimane avec la canne du billard. L’agent de sécurité les a empêchés de continuer à se battre à l’intérieur de la salle de jeux et les a fait sortir par force. Hors d’eux, les deux jumeaux ont malmené leur protagoniste à la rue. Ce ne sont que les badauds qui sont arrivés à le sauver de leurs mains. Slimane a quitté le lieu en insultant les deux jumeaux qui sont rentrés chez eux.
Quelques heures plus tard, Mohamed a regagné la rue et a croisé Slimane. Et un nouveau combat a commencé entre les deux. Seulement, cette fois-ci, Slimane était le plus fort. Il est arrivé à le rouer de coups de poing sur le visage. Mohamed s’est effondré comme un taureau en corrida. Quelqu’un a téléphoné aux éléments de la protection civile qui se sont dépêchés sur les lieux et ont transporté le blessé vers les urgences de l’hôpital Hassan II. Toutefois, il a rendu l’âme quelques minutes plus tard. Alertés, les éléments de la police se sont déplacés sur le lieu pour entamer les investigations nécessaires et la recherche de Slimane. Mais en vain. Ils ne l’ont pas trouvé. Où a-t-il disparu ? D’abord, il ne se trouvait pas chez lui.
Vers 23h 30 mn, il s’est dirigé au commissariat de police. “Je veux porter plainte contre les jumeaux, Mohamed et Khaled, qui m’ont violenté“, a-t-il affirmé aux enquêteurs qui assuraient la permanence. Ces derniers n’imaginaient pas qu’il viendrait de son plein gré jusqu’au commissariat. Ils l’ont accusé de coups et blessures ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner. “Pourquoi tu l’as provoqué au départ ?“, lui demande le chef de la brigade. Et la réponse a tranché sur le mobile. Il l’a tué parce qu’il gardait une rancune contre lui depuis près d’une année, lorsque Mohamed l’avait maltraité dans la rue pour un simple malentendu.

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