Une «tournée» mortelle

Une «tournée» mortelle

Samedi 26 février. Deux amis, Hamid et Abdelkader, la vingtaine, ont décidé de passer une belle soirée à boire et à fumer du haschich. Ce n’était pas la première fois qu’ils établissaient ce programme. Ils sont nés dans le même quartier, Massira I, à Ben M’sik, Casablanca et ils y ont grandi. Ils ne sont pas restés très longtemps à l’école, où ils n’ont passé que les premières années du primaire pour se livrer à la rue. Leurs parents n’ont jamais pensé à les inscrire dans un centre de formation professionnelle ou dans un établissement scolaire privé pour reprendre leurs études. La pauvreté et l’ignorance n’y sont pas étrangères. En conséquence, les deux enfants sont restés chez eux à jouer et à vagabonder dans leur quartier. Une situation qui leur a fait rencontrer des jeunes chômeur qui passaient leurs temps à boire et à fumer du haschich. De mauvaises fréquentations qui n’avaient que des effets négatifs sur les deux amis. À l’âge de quinze ans, ils ont commencé déjà à fumer des cigarettes, puis à consommer du haschich et des comprimés psychotropes. Au fil du temps, Hamid et Abdelkader se sont mis à la boisson. Et ils tentaient par n’importe quel moyen de se procurer l’argent nécessaire pour acheter quelques joints et parfois des bouteilles de vin rouge. La drogue et l’alcool les ont rendus violents et cruels. Une violence qui n’épargnait même pas leurs parents, au point que ceux-ci ont commencé à les éviter, en continuant toutefois à répondre à leurs besoins en argent. Depuis, les deux amis ne se séparent plus, ils se droguent, s’enivrent, errent dans les rues et les boulevards casablancais, se débrouillent ensemble. Leurs voisins les remarquaient et les évitaient pour qu’ils ne soient pas touchés par leur comportement violent.
En ce jour du samedi 26 février dernier, les deux amis sont arrivés à se procurer de quoi s’acheter quelques bouteilles de vin rouge, des cannettes de bières et quelques grammes du haschich. Pour les consommer, ils ne se sont pas éloignés de leur quartier, Massira I. Ils se sont installés dans un coin sans prendre en considération les problèmes qu’ils pouvaient créer à leurs voisins et à leurs familles. Et ils ont commencé à fumer du haschich et à s’enivrer. D’un verre à l’autre et d’un joint à l’autre, les deux amis ont perdu tout contrôle. Ils ne retiennent plus leurs comportements vulgaires. Lorsque l’un d’eux se levait, il titubait au point qu’il risquait de se renverser. Et pourtant, ils ont continué à boire.
Dimanche 27 février, vers 1h du matin, le duo est encore dans son coin. Certes, les habitants assument une certaine part de responsabilité en n’alertant pas la police. Soudain, Hamid a posé la main sur une bouteille de vin pour remplir son verre, sans que ce soit son tour de boire. Irrité, Abdelkader lui a retiré la main. Hors de lui, Hamid a sorti un couteau et l’a brandi tout en menaçant Abdelkader de le liquider. Il l’a ensuite giflé. Puis il l’a supplié de se calmer. La tension semblait baisser entre les deux amis, qui ont repris la boisson, tout en continuant à fumer des joints. Trois quart d’heure plus tard, Abdelkader s’est levé de sa place et s’est dirigé vers un autre coin, comme s’il voulait satisfaire un besoin. Mais, en s’apprêtant à retourner à sa place, il s’est saisi d’un couteau qu’il fourrait sous ses vêtements et s’est attaqué à Hamid. Il lui a asséné un premier coup, puis un deuxième et un troisième. Criant au secours, Hamid s’est levé et s’est effondré ensuite. Abdelkader n’a pas cessé de lui porter, sans pitié, d’autres coups. Enfin, il l’a égorgé comme un mouton pour l’abandonner et rebrousser chemin en direction de son domicile.
En remarquant le sang qui maculait ses vêtements et ses mains, son père lui a demandé ce qui s’est passé. «J’ai tué Hamid», balbutia-t-il. Aussitôt, le père lui a demandé de se calmer et de rester à la maison. Après quoi, il s’est adressé au commissariat de police qui assurait la permanence. Se dépêchant sur les lieux du crime, les policiers ont découvert le corps sans vie de Hamid, gisant dans une mare de sang. D’autres éléments de la police étaient déjà chez Abdelkader pour l’arrêter.

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