Université. Le casse-tête du transport

Les étudiants casablancais, inscrits dans les facultés de Mohammedia, ne savent plus à quel saint se vouer. En effet, les problèmes du transport universitaire reliant la capitale économique, notamment les quartiers de Hay Mohammadi, Aïn Sbaâ, Bernoussi, Moulay Ismaïl, risquent de priver des centaines des étudiants de suivre leurs cours.
A l’aller comme au retour, le non-respect des horaires, la surcharge et l’état de l’engin mis en service sur cette ligne constituent, entre autres, les vecteurs entravant le bon déroulement des cours.
Pour être présent aux cours débutant à huit heures du matin, l’étudiant de Hay Mohmmadi, par exemple, est appelé à quitter sa maison au plus tard à six heures, pour qu’il arrive à l’arrêt en question au moment du passage du bus. Une fois sur ce lieu, aux côtés des dizaines d’autres étudiants et étudiantes, il doit attendre le bus qui débarque souvent en retard, le tout dépend des caprices du chauffeur du bus. Là, commence un vrai parcours de combattant. Il faut être musclé pour pouvoir accéder à l’intérieur de l’engin. Généralement, les filles s’abstiennent. Il vaut mieux rater le cours que de prendre des risques en empruntant un bus surchargé, déplore Nawal, 21 ans, étudiante en première année section anglaise. Après un trajet de plus de 25 kilomètres dans ces conditions, l’on imagine l’état dans lequel ces étudiants arrivent à la Faculté. Comment vont-ils suivre leurs cours ? Dès le début de la journée, ils sont déjà épuisés et démoralisés. « Il est difficile de se concentrer sur le sujet du cours à l’intérieur de l’amphi ou dans la salle. Des fois, il n’y a que le corps qui est présent », souligne Abderrahmane, 24 ans, étudiant en troisième année de droit.
Après une journée dans l’univers estudiantin, ces étudiants se trouvent obligés le soir de renouer avec le casse-tête du transport universitaire. La même constatation demeure également de mise au retour. Ainsi, ils n’arrivent chez eux que tard et complètement fatigués. Et avec le temps, seuls les étudiants, ayant une bonne aptitude physique, peuvent résister et maintenir le rythme de ce circuit qu’ils qualifient eux-mêmes d’infernal.
Si l’on remarque des étudiants tout au long de l’autoroute à la sortie de Casablanca, en groupe de trois ou quatre, qui pratiquent la vieille formule de « l’auto-stop », c’est qu’ils veulent échapper au moins une fois aux problèmes du transport universitaire. Ces étudiants, faut-il le souligner, constituent la relève de demain. Et ces conditions dans lesquelles poursuivent leurs études auront indubitablement des répercussions négatives sur leur parcours universitaire.

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