Universités privées : ces nouveaux venus qui créent l’événement dans l’enseignement supérieur

L’année universitaire, cette année est marquée par de nouveaux venus dans le marché de l’enseignement. L’Université internationale de Rabat, l’Université internationale de Casablanca, Mundiapolis  et International university of Agadir ont ouvert leurs portes aux étudiants.
Ces «universités privées» sont désormais les nouvelles concurrentrs qui viennent bouleverser la configuration du marché de l’éducation au Maroc. Elles remettent ainsi sur la scène des interrogations sur les objectifs du secteur privé, ses finalités, et comment il peut jouer un rôle complémentaire au secteur public. Sachant que ce dernier a sa place puisqu’il y a une demande, un marché et une certaine défiance du système universitaire étatique. Quels sont donc le «pour» et le «contre» de ces universités privées. Rappelons que parmi les 250.000 étudiants inscrits dans les universités, seul 7% sont inscrits au privé en 2010, soit une dizaine de milliers d’étudiants. Alors que la Charte de l’éducation et de la formation fixait comme objectif quantitatif au secteur privé de drainer 20% des effectifs étudiants globaux à l’échéance 2010. «Ces universités» s’avèrent donc survenues dans un moment providentiel, servant de dynamique au même titre que les écoles supérieures privées, au développement du secteur de l’enseignement supérieur en général. Offrant chacune une diversité pédagogique, dans un même campus des dizaines de filières dans toutes les spécialités , des formations de qualité aux normes internationales, des infrastructures de pointe et pertinentes, elles accompagnent ainsi le programme national visant à former 10.000 ingénieurs par an (Plan Emergence II, Rawaj, Maroc Numeric 2013…), le développement des ressources humaines nécessaire à l’émergence économique du royaume conformément au plans et visions stratégiques du Royaume (tourisme 2020, Plan Maroc Vert, offshore, PME…). Et tous les spécialistes de l’enseignement s’accordent à dire que le Maroc a besoin d’universités privées. L’ouverture de ces universités permet une émulation entre le secteur privé et le secteur public dont elle ne manquera pas par ailleurs de révéler les défaillances et les dysfonctionnements. Dans ce sens, il est admis que l’université publique constitue un complément jugé très important au système des Grandes écoles qui est notamment plus sélectif à l’entrée et donc plus coûteux. Les universités privées pourraient théoriquement concilier ouverture dans la qualité et coûts modérés. Par ailleurs au-delà des points positifs, plusieurs questions se posent quant au statut légal de ses universités privées (voir encadré sur la polémique), l’équivalence de leurs diplômes, leurs  ressources humaines et leurs compétences pédagogiques, ceci au-delà de leurs grands moyens financiers et leurs d’infrastructures colossales. Rappelons par exemple que l’Université internationale de casablanca a nécessité un investissement de 625 millions DH. L’Université international de Rabat a mobilisé un investissement d’un montant qui s’élève à 1,117 milliard DH. Dans ce sens, ces établissements restent réservés à une certaine classe moyenne supérieure ou économiquement aisée. Les frais de scolarité s’élèvent à 100.000 dirhams par année scolaire, voire 120.000 dirhams par an. Un autre hic, leurs diplômes manquent à ce jour de reconnaissance de l’Etat. Faute de cahier des charges, l’Etat ne reconnaît toujours pas les diplômes issus d’établissements privés. Ces derniers cherchent la reconnaissance à l’étranger. Les universités privées sont, pour la plupart, affiliées  à des réseaux d’établissements, qui tirent leurs formations vers des standards internationaux. Mais à quoi bon une reconnaissance internationale si la reconnaissance nationale tarde à venir.

Polémique autour des «universités privées»
A l’exception d’Al Akhawayn, créée par une loi spécifique, aucune université privée n’est encore légalement autorisée par l’Etat, ceci faute de cadre juridique. Bien que l’université privée est un projet autorisé par la loi portant organisation de l’enseignement supérieur , le cahier des charges destiné à traiter les dossiers de demandes d’autorisation est pour l’heure, inexistant. C’est ce qui a soulevé dernièrement la polémique autour des universités privées nouvellement créées au Maroc. Les «Elus de l’enseignement supérieur», un groupement de dix grandes écoles, ont remis en cause la légalité de ces universités. Et pourtant, deux des quatre universités brocardées par le Collectif, à savoir l’université de Casablanca et l’Université international de Rabat, ont obtenu de la part du ministère de l’Education nationale, un accord de principe les autorisant à construire ces universités, dans l’attente d’un carde juridique en cour de finalisation. L’Université internationale de Casablanca a pour sa part répondu que ses programmes et filières ont été validés par la commission d’experts du ministère de l’Education et qu’ils suivent le processus d’autorisation tel que décliné par ce département qui est en cours de finalisation. Mais cela n’a pas calmé les vives protestations publiques «des élus» contre ce qu’ils ont qualifié, «de publicité mensongère». Puisque cette autorisation de construire, et validation de filières n’induit pas une reconnaissance des diplômes des ces universités. Par exemple, cette absence d’accréditation, ne permet pas aux lauréats du privé l’accès à la fonction publique ni aux étudiants de jouir de la reconnaissance académique.

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