Universités : tensions très politiques

Universités : tensions très politiques

Pour la première fois, les universitaires marocains sont appelés à participer aux élections des commissions paritaires. Chaque université doit élire ses 16 représentants. Une opération qui n’est pas appréhendée à sa juste valeur par l’ensemble des enseignants chercheurs et du personnel des facultés. Car, contrairement à d’autres domaines, les enseignants universitaires ne connaissent pas de pluralisme syndical. Le Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNE sup.) est le seul représentant et interlocuteur syndical, un fait qui participe énormément à l’absence de mobilisation étant donné l’absence de concurrence. Le second point qui explique le désintéressement porte sur la période électorale. La campagne électorale est prévue pour le mois d’août et la date du vote est arrêtée pour le 10 septembre prochain ; soit à un moment marqué par un ralentissement net de l’activité. A ces deux facteurs objectifs, s’ajoutent d’autres non moins importants qui ont essentiellement trait à la disposition des universitaires de contribuer aux élections. Les difficultés se rapportant aux conditions de vie et de travail s’entremêlent à certaines ambiguïtés contenues dans le nouveau statut du personnel concerné. Sur le terrain, ces faits se traduisent, d’une part, par une réticence vis-à-vis de la situation politique qui prévaut au Maroc, et d’autre part, par une sorte de suspicion concernant la réforme universitaire. Le jeu des hasards a voulu que les dispositions définissant le nouveau statut du personnel ( article 17) jouxtent celles faisant part des attributions des Commissions paritaires (paragraphes 1 et 2), notamment en insérant les prérogatives de sanction et de promotion aux commissions paritaires et en reléguant au second rôle les commissions scientifiques. Sur ce, des appels au boycott des élections se font déjà entendre, surtout dans les villes et les sections où les islamistes sont nombreux ; comme c’est le cas pour Fès et El Jadida. A Béni Mellal, les enseignants ont failli adopter une position d’abstention. Les gens qui appellent au boycott estiment que le bénéficiaire de cette opération ne profite qu’au SNESup et à l’USFP. Une attitude qui explique au niveau des enseignants non chercheurs et des cadres et personnels universitaires, certaines positions de la CDT et du Congrès national ittihadi (CNI) appelant à la présentation de listes concurrentes à celle du SNESup. Un message adressé directement aux islamistes. Mais jusqu’à présent, cette démarche reste minoritaire et ne bénéficiant pas de l’approbation des tendances de la gauche radicale, surtout que la voie officielle du Syndicat de l’enseignement supérieur accorde une place privilégiée aux femmes.

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