USFP et Istiqlal ou la querelle des tribunes

«La loi de Finances a été confectionnée, conformément à une mentalité bureaucratique et en l’absence totale d’une vision économique. De surcroît, le gouvernement n’a pas pris les dispositions nécessaires pour élargir l’assiette des recettes et réduire la charge des impôts ». A entendre ces propos, l’on dirait qu’il s’agit d’une critique venue des tréfonds de la gauche radicale ou de l’opposition. Pourtant, c’est de la bouche d’un élu pro-gouvernemental qu’ils sont sortis. Pour prendre de vitesse ses alliés au gouvernement, Abderrazzak Afilal a jugé nécessaire de leur emboîter le pas en soulignant que le dédoublement du discours est monnaie courante dans les plus anciennes démocraties du monde telles celles de France et de Grande-Bretagne. Dans le même ordre de reproches, le secrétaire général du Parti de l’Istiqlal a, à maintes reprises, estimé que l’une des injustices les plus patentes au niveau du bilan de la gestion gouvernementale actuelle consiste dans le maintien des hauts salaires pour certains dirigeants d’entreprises publiques; lesquels salaires varient entre 20 et 30 millions de centimes par mois. A cela s’ajoute la question épineuse des fonctionnaires fictifs. Très récemment, également, « Al Alam », l’organe de presse arabophone du PI, est revenu sur le fameux débat des 50.000 postes vacants, mais cette fois pour marquer un point contre l’argentier du royaume qui aurait reconnu l’existence réelle de ces postes. Belle démonstration par l’absurde. Cela dit, du côté de l’USFP, on ne mâche pas les mots non plus. Dans plusieurs occasions, elle a entamé la polémique avec les tenants de l’égalitarisme en les taxant d’avoir des visées électoralistes étroites. Cependant, dans un article publié le 28 novembre à la «une» de «Al Attihad Al Ichtiraki», l’auteur a mis l’accent sur la nécessité pour les partis de la Koutla et de la gauche d’être dotés de courage politique. C’est-à-dire de reconnaître et les avantages et les inconvénients de l’expérience gouvernementale actuelle en assumant entièrement ses effets devant l’opinion publique nationale. Bien entendu, à travers cette position, il y a lieu de croire, à première vue, que le parti du Premier ministre serait fatigué de ses querelles stériles avec ses alliés, particulièrement avec le Parti de l’Istiqlal et certaines composantes de la gauche radicale et des multiples fronts de bataille qu’il livre à tous les sens. Nul doute que dans les temps qui courent, les accrochages secondaires ne sauraient détourner les amis du Premier ministre sur leur objectif primordial à savoir le maintien des commandes de l’Exécutif. Il va sans dire que pour l’USFP, il est hors question qu’un brin de bruit vienne leur perturber la vue et la détourner de son objectif primordial. C’est-à-dire celui de remporter la prochaine bataille électorale. Néanmoins, il n’en demeure que dans le camp de ses adversaires, il y a des voix qui s’élèvent de l’Intérieur même du gouvernement. En premier lieu celle du Parti de l’Istiqlal.

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