Vaccin contre la grippe A : quand la balance bénéfice/risque crée la polémique

Vaccin contre la grippe A : quand la balance bénéfice/risque crée la polémique

Le vaccin contre la grippe A/H1N1 suscite de nombreuses interrogations. Le constat est là : les gens ont peur de se faire vacciner. La principale cause est la présence d’adjuvants dans la composition du vaccin.
Les adjuvants sont soupçonnés d’être responsables de plusieurs effets indésirables susceptibles d’apparaître à la suite d’une vaccination. «Les vaccins contre la grippe A contiennent plusieurs substances dont le mercure et le squalène/polysorbates. Ces derniers peuvent causer des troubles neurologiques, ce qui peut engendrer une paralysie irréversible», déclare à ALM  Yassir Sabri, pharmacien dans un laboratoire national. «Afin d’accélérer sa production, les vaccins contre la grippe A contiennent dix fois moins d’antigènes. Ce genre d’adjuvant n’a jamais été utilisé dans des vaccins à large échelle. Ce qui a pour conséquence le déclenchement de réactions immunitaires excessives et le développement d’effets secondaires», poursuit- il. Face à cette polémique, le ministère de la Santé se veut rassurant. «Il n’y a actuellement aucune étude dans le monde qui prouve que le vaccin contre la grippe A/H1N1 a des effets secondaires. Qu’on arrête de lire ce qui est écrit sur les sites Internet. C’est du n’importe quoi», déclare à ALM Dr Fouad Jettou, directeur régional du ministère de la Santé du Grand Casablanca. Et d’ajouter : «Jusqu’à présent, l’opération de vaccination a concerné 330.000 Marocains. Ces personnes sont en bonne santé. Les vaccins sont là. Il est primordial d’encourager les citoyens à se faire vacciner au lieu de les inquiéter. Avec les fortes précipitations qui se sont abattues la semaine dernière sur Maroc, nous avons constaté que beaucoup de personnes ne sont pas venues se faire vacciner car elles pensaient qu’avec la pluie, il n’y aura plus de virus».
Pour leur part, les médecins restent nombreux à refuser de tendre le bras pour faire le vaccin. C’est le cas du Dr Saati Soumaya, médecin généraliste à Casablanca : «Personnellement, je préfère éviter de me faire vacciner. Je ne vois pas pourquoi une personne saine et en bonne santé va aller se faire vacciner. Au cas où elle serait atteinte de la grippe A/H1N1, il est préférable qu’elle soit traitée au Tamiflu.Ce médicament est utilisé depuis longtemps et a donné jusque-là des résultats très satisfaisants». Et d’ajouter: «Il est vrai que nous n’avons aucune idée sur les complications qui peuvent survenir d’ici 10 ou 30 ans, vu que le vaccin n’a pas été testé dans le temps, mais il est préférable de prévenir la mortalité». Ce refus a d’autres connotations. «La réticence est due principalement au développement de ce vaccin. Ce dernier s’est produit de manière rapide de sorte que le risque est fortement prévisible», note M. Sabri, soulignant que «la souche virale responsable de la grippe A a été récemment transmise aux laboratoires. Quelques mois après, les fabricants ont annoncé sa livraison sur le marché. Ce record est jugé inadmissible dans notre domaine». Malgré les réticences des personnels de santé à se faire vacciner, le Dr Jettou reste confiant et recommande vivement ces derniers à le faire. «La vaccination des médecins commence à être perceptible. Le médecin est de loin la personne la plus exposée au virus. Il doit non seulement se faire vacciner mais également conseiller son patient à le faire. C’est une obligation morale». Est-il pertinent de vacciner des millions de personnes avec un vaccin fabriqué en seulement quatre mois ?

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