VEOLIA MAROC

Thami Ghorfi : Monsieur Olivier Diesch, Véolia est un nom que l’on commence à connaître au Maroc mais c’est une entreprise très ancienne, en tous les cas de dimension internationale. Pouvez-vous nous rappeler ce qu’est Véolia ?
Olivier Diesch : Véolia provient de Vivendi. Le Groupe Vivendi avait séparé ses activités en deux : une partie consacrée aux télécommunications, aux médias et au cinéma qui s’est appelé Vivendi Universal, et la partie concernant l’environnement, l’eau et la propreté, qui a pris le nom de Vivendi Environnement. A la disparition du Groupe Vivendi lors du départ de Jean-Marie Messier, la partie Vivendi Universal est restée autonome, et la partie Vivendi Environnement a pris son autonomie de son côté, en créant une société spécialisée et a changé de nom à cette occasion, pour prendre le nom de Véolia, de façon à bien marquer la différence entre le Groupe Vivendi Universal, qui vit sa propre vie notamment à travers Maroc Telecom, et la partie Vivendi environnement désormais dénommée Véolia, spécialisée dans le domaine de l’Environnement et qui est devenue complètement indépendante.
Que représente Véolia dans le monde aujourd’hui ?
Olivier Diesch : Véolia est présente dans 100 pays. Elle réalise 30 milliards d’euros de chiffres d’affaires et possède 300.000 collaborateurs.
Ce sont des métiers d’infrastructure ?
Olivier Diesch : Ce sont des métiers d’environnement, c’est-à-dire l’eau et son assainissement, la propreté avec la collecte d’ordures ménagères et les décharges mais c’est aussi les transports urbains qui sont une composante de l’environnement, puisque cela fait partie de la qualité de la vie des citoyens.
Quelle est votre implantation au Maroc en tant que Véolia ?
Olivier Diesch : Aujourd’hui, Véolia est implantée au Maroc à travers les métiers de l’eau, de l’assainissement et de la propreté. Notre objectif est de se développer en modernisant les infrastructures, en protégeant l’environnement et en modernisant les services publics. Cet objectif sera atteint au travers de deux implantations majeures qui sont la société Amendis Tanger-Tetuan, concession des services d’assainissement de l’eau et de l’électricité dans le Nord du Maroc, et Redal Rabat-Salé et les communes avoisinantes pour les mêmes métiers. Ce sont des implantations importantes qui totalisent aujourd’hui environ 5000 personnes, près de trois milliards de dirhams de chiffre d’affaires tous les ans et représentent les deux implantations phares de Véolia au Maroc. En parallèle, nous avons des contrats de collecte d’ordures ménagères, pas encore de décharges mais cela viendra, pour les villes d’Oujda, Fès et Rabat.
Avez-vous répondu à l’appel d’offres de Casablanca ?
Olivier Diesch : Il y a de nombreux appels d’offres en cours au Maroc dans ce domaine. Casablanca, malheureusement, n’a pas fait partie pour nous d’un objectif prioritaire. Nous ne connaissons pas Casablanca, en tous les cas beaucoup moins bien que nos concurrents. De plus, Casablanca est un sujet très difficile. Les coins noirs et les dépôts sauvages devraient être éradiqués au minimum et un délai de six mois a été fixé par les élus de la ville. Ceci est tout à fait louable et ambitieux mais malheureusement les conditions du cahier des charges tel qu’il nous a été exposé dans ce premier dossier ne nous ont pas permis de nous fixer et de pouvoir y répondre correctement. Une autre fois peut être mais pour cet appel d’offres, nous n’étions pas partants.
Comment imaginez-vous le développement de vos activités sur le marché marocain ?
Olivier Diesch : Nous allons continuer dans la collecte des ordures ménagères et la propreté. Nous reviendrons sur Casablanca mais aujourd’hui nous nous concentrons sur Oujda, Safi et d’autres communes. Pour Oujda, nous serons attentifs au projet de la première décharge au Maroc qui va être concédée. Nous serons également présents dans le domaine de la propreté et dans le domaine de l’assainissement. Des villes comme Marrakech et Mèknes, pourront un jour, concéder ses services publics et nous serons présents, notamment pour répondre au défi croissant de l’assainissement au Maroc qui pour nous est une priorité, pour construire les égouts et faire en sorte que ces villes aient un aspect sanitaire digne d’une grande ville au Maroc.
Farid Mezouar, quelles sont les dernières informations concernant le rapprochement BCM/Wafabank qui changent évidemment la configuration dans l’économie marocaine, en tous les cas dans le secteur bancaire ?
Farid Mezouar : Une réunion du conseil d’administration de Wafabank s’est tenue afin d’examiner le dernier développement les touchant. Les principales décisions ont été le remplacement de Monsieur Abdelhak Bennani, Président Directeur Général, par Monsieur Abdelkrim Lazrak, en tant que Président intérimaire. Monsieur Bennani avait exprimé son souhait que soit mis fin à son mandat. Par ailleurs, le conseil d’administration s’est déclaré attentif aux propositions qui seront faites par la BCM.
Dans ce rapprochement, nous attendons toujours la réponse que nous estimons a priori favorable de la part des autorités, pour pouvoir enclencher le processus de fusion et de rapprochement structurel.
Farid Mezouar : Oui, bien sûr. Après l’agrément des autorités de tutelle, la BCM devrait à ce moment commencer le plan de rapprochement avec Wafabank.
Quelle est votre sentiment sur la tendance de la place boursière de Casablanca d’ici fin 2003?
Farid Mezouar : Ce qui est sûr, c’est que nous allons terminer l’année sur une note positive, avec une croissance du MASI et du MADEX certainement supérieure à 20%, ce qui n’était pas arrivé depuis 1998. En ce qui concerne la tendance générale, nous pouvons nous attendre à ce que la croissance réalisée cette année, soit consolidée lors de la prochaine année notamment grâce à la poursuite de la croissance économique et grâce aux dernières opérations stratégiques que nous avons vécues dans le marché marocain. Rappelons aussi que cette semaine, le Conseil de surveillance de la Bourse de Casablanca s’est réuni pour statuer sur le renouvellement de son bureau. M. Rachid Tlemçani, Administrateur Général d’Attijari Finances Corp, a été élu, Président du Conseil de Surveillance de la Bourse de Casablanca.
M. Olivier Diesch, un champ de développement important implique des moyens fortement capitalistiques dans vos secteurs d’activité. Comment est-ce que vous financez tous ces projets ?
Olivier Diesch : Effectivement, nous réalisons huit milliards d’investissement sur Amendis Tanger-Tetuan et 14 milliards de dirhams sur Redal Rabat-Salé. Le total des infrastructures se financera sur les 20 ou 30 années de contrat. Il s’agit de montants importants pour le patrimoine des collectivités qui feront partie de ce patrimoine à l’issue de ces contrats. Certes, l’apport des actionnaires est important mais pas suffisant. Il faut également que nous ayons recours à l’emprunt. Nous avons donc fait appel, l’année dernière, aux principales banques marocaines pour Tanger-Tetuan, dans le cadre de la mise en place d’un financement à long terme d’un milliard de dirhams et puis par un deuxième emprunt bancaire que nous allons lever, pour Redal à Rabat, toujours auprès de banques marocaines en donnant une place importante à des banques purement marocaines.
Est-ce qu’un jour vous imaginez que vous iriez vers le marché financier à travers un système obligataire ou éventuellement une introduction en bourse ?
Olivier Diesch : Pour l’obligataire, nous y songeons tout de suite pour Redal. Je vous livre en fait un petit secret puisqu’un volet obligataire est prévu dans ce deuxième financement que nous levons. Une introduction en Bourse est possible, en tous les cas nous en avons la volonté. Nos contrats sont conçus pour le permettre, avec l’accord des autorités marocaines. Pour pouvoir être attractif en bourse, il faudrait nous suivre. Nous avons besoin de trois ou quatre années pour réussir notre démarrage et pouvoir être ensuite attractifs.

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