Vers la mise en place d’une stratégie d’institutionnalisation

Vers la mise en place d’une stratégie d’institutionnalisation

La violence à l’encontre des femmes est un problème majeur qui concerne la santé et les droits de la personne humaine. Préserver la dignité de la femme, lui assurer son intégrité physique, psychologique et lui éviter tout harcèlement sexuel font partie des actions à entreprendre pour lutter contre ce fléau . Ainsi, l’Association démocratique des femmes du Maroc ( ADFM) , en sa qualité de coordinatrice nationale du réseau ANARUZ des centres d’écoute des femmes victimes de violence organisera le 15 janvier 2008 un forum à Rabat sous le thème «La lutte contre les violences faites au Maroc. Bilan et perspectives». Cette rencontre regroupera non seulement les intervenants gouvernementaux et la société civile mais également les partenaires nationaux et internationaux impliqués dans la lutte contre les discriminations et les violences fondées sur le genre. Parmi eux, figurent les représentants du Maghreb et du Machrek du programme «Droits  humains des femmes».Ce forum organisé en partenariat avec le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM), a pour objectif d’approfondir la réflexion sur les stratégies d’institutionnalisation de la lutte contre les violences à l’égard des femmes. «Le but de cette manifestation est que tous les intervenants en l’occurrence les ministères du Développement social, de la Justice, de la Santé, la Direction générale de la Sûreté nationale soient réunis pour mettre en place une stratégie d’institutionnalisation de la lutte contre les violences faites aux femmes», révèle à ALM Attifa Timjerdine, coordinatrice nationale du réseau ANARUZ.
Au terme de trois années de consolidation du réseau et de renforcement des capacités de ses membres, le réseau ANARUZ envisage d’entamer la seconde phase de son programme orienté principalement vers l’information et la sensibilisation sur les droits humains des femmes ainsi que le plaidoyer pour l’institutionnalisation de la lutte contre cette tendance. Selon les données statistiques du réseau ANARUZ, l’ensemble des centres d’écoute et d’assistance juridique dudit centre ont recueilli 3500 déclarations de violence, soit une moyenne de 250 déclarations par mois et 8 par jour. Ce nombre englobe la totalité de 6456 cas de déclarations de violence dont ont été victimes 3449 femmes, au cours de la période de septembre 2005 à mi-octobre 2006. Selon les types de violence, la violence conjugale se place au premier plan avec 4780 cas déclarés soit 74% de l’ensemble des cas suivi de la violence institutionnelle avec 570 déclarations (8,8%),la violence sociétale avec 286 cas ( 4,4%) et la violence au sein de la famille avec 268 cas (4,2%). Au niveau des formes de violence, les statistiques montrent que la violence légale arrive en tête, avec 2724 cas ( 42,2%) suivie de la violence physique avec 1872 déclarations (29%), la violence psychologique avec 1129 cas (17,5%), la violence sexuelle avec 586 cas (9,1%) et la violence économique avec 145 cas (2,2%). Hors du cadre conjugal, la violence légale constitue la forme la plus fréquente au niveau des autres formes de violence avec 65,2%. La privation de la pension alimentaire occupe la première place dans ce domaine avec un taux de 49,2%.Pour ce qui est du lieu de violence, il a été constaté que le domicile conjugal représente le lieu le plus dangereux pour la femme . En effet, 70,1% des formes de violence exercées contre la femme ont lieu au sein du domicile conjugal. Parmi les facteurs catalyseurs de ce fléau, il y a lieu de citer les facteurs économiques et matériels autrement dit les problèmes liés à l’argent. Figurent aussi les facteurs sociaux tels que l’accoutumance à la drogue, à l’alcool ou aux jeux du hasard . Les facteurs juridiques favorisent également la violence. A titre d’exemple, l’impunité et l’inexécution des jugements sont susceptibles de constituer des catalyseurs de violence.

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