Vers une Moudawana bien réajustée

C’est «une révolution avec l’adhésion de tous qui marquera la promulgation de la Moudawana révisée». L’affirmation émane de M. M’hammed Boucetta qui était l’invité, samedi soir, de l’émission «Maâ Al Hadath», diffusée par la première chaîne de télévision marocaine (TVM).
Le président de la commission consultative chargée de la révision de la Moudawana a souligné que cette révolution sera fondée sur le «respect du Livre et de la Sunna» et la nécessité pour le Maroc de «s’ouvrir sur la modernité et les progrès réalisés au niveau international». Il a expliqué que le but de l’Ijtihad en la matière a pour but de procéder à une «interprétation des textes (Coran et Sunna) en conformité avec la modernité». Les modifications projetées vont porter sur diverses questions ayant trait notamment au divorce, à la polygamie, au droit matrimonial et aux biens des conjoints. Il faut bien rappeler dans ce sens que la Moudawana n’est contestée que sur certains axes depuis les deux fameuses manifestations relatives au plan d’intégration de la femme au développement. Les points majeurs de discorde sont notamment la polygamie, la libération de la tutelle matrimoniale (que la femme ne soit plus obligée de demander à son père ou tuteur son consentement pour se marier), la problématique du divorce (toujours entre les mains de l’époux) et enfin l’élévation de l’âge du mariage pour les filles (16 ans contre 18 ans pour les garçons). Le grand paradoxe dans cette affaire c’est que plus de 85% des Marocains (des deux sexes) avouent ignorer le contenu du code du Statut personnel. Cependant, la «révolution» annoncée par M. Boucetta et qui se propose de «garantir à la femme tous ses droits», sera marquée par le renforcement des mécanismes d’application de la loi.
Il a cité comme exemple les sections chargées de la justice de la famille et le fonds d’entraide familiale dont la création avait été récemment annoncée par S.M. le Roi Mohammed VI.
Ces tribunaux vont renforcer les structures déjà en place, comme les tribunaux de commerce.
Jusqu’à nos jours, personne ne conteste le fait que la protection de la femme est une nécessité qui relève du respect des droits de l’homme. On ne peut pas dissocier la condition féminine de la famille, puisque la femme est au coeur de la problématique familiale.
Peut-être que la journée de la femme qui aura lieu dans près de deux semaines, constituera l’occasion de la naissance d’une nouvelle Moudawana bien réajustée.

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