Vers une révision du procès d’Omar Reddad

Omar Reddad, le jardinier marocain accusé du meurtre, le 24 juin 1991, de son employeur Ghislaine Marchal et condamné en février 1994 à 18 ans de réclusion, avant de bénéficier en septembre 1998 d’une grâce présidentielle, bénéficiera vraisemblablement d’une révision de procès, procédure racissime en France.
La cour de cassation en France vient de fixer pour le 17 octobre prochain, l’examen d’une éventuelle révision du procès. La haute juridiction tiendra une audience pour se pencher sur les éléments nouveaux apparus dans l’affaire, avant de décider si Omar Reddad peut ou non bénéficier d’un nouveau procès d’assises.
L’avocat de Omar Reddad, Me Jacques Vergès avait déposé le 27 janvier 1999 une demande de révision près la cour de cassation. A l’appui de cette requête, Me Vergès avait produit un mémoire de 40 pages, assorti d’une soixantaine de pages d’annexes, où figuraient de nouveaux témoignages, ainsi que de nouvelles expertises légales et graphologiques. Il s’agit principalement de la célèbre inscription «Omar m’a tuer», dont les nouvelles analyses auraient écarté l’appartenance à la victime et qui avait été l’élément principal de la condamnation du marocain. Dans le mémoire de Me Vergès figurait également une expertise génétique révélant près du corps de la victime la présence de deux ADN masculins qui ne sont pas ceux d’Omar Reddad.
Le 25 juin dernier, une commission jouant le rôle de filtre pour les demandes de révision s’est penchée sur les éléments nouveaux présentés par l’avocat. Des experts en écritures désignés par la commission ont conclu qu’ils ne pouvaient techniquement dire si l’inscription est ou non de la main de la victime, contrairement à ce qu’affirmaient ceux du procès. La Commission de révision, présidée par Martine Anzani, avait également considéré que la présence sur les lieux du crime « d’un ADN masculin différent de celui d’Omar Reddad constitue (…) un élément de nature à faire naître un doute sur la culpabilité du condamné ».
Sur ces bases, la commission a transmis le dossier à la cour de cassation. Il revient désormais à cette dernière, de décider si ces éléments sont de nature à jeter un doute sur la culpabilité du jardinier, et de ce fait engager un nouveau procès en assises du jardinier marocain qui, malgré la vaste vague de soutien dont il a bénéficié, a dû passer 7 années en prison avant de bénéficier d’une grâce partielle du président Jacques Chirac en 1998.

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