Vieillissement de la population : Pression sur les régimes de retraite et hausse des dépenses de santé

Vieillissement de la population : Pression sur les régimes de retraite et hausse des dépenses de santé

En 2050, les seniors représenteront 26,5% de la population totale

La fréquence des principales pathologies du vieillissement de longue durée qui accompagnent l’allongement de la durée de vie augmenterait le coût de la santé.

Le vieillissement inévitable de la population avec la baisse de la fécondité et l’allongement de l’espérance de vie aura de graves répercussions sur les régimes de retraite ainsi que les dépenses de santé. Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) dans sa dernière édition «Les Cahiers du plan» du mois de mai sur la thématique «Démographie maghrébine : situation et perspectives» signale que la population du troisième âge (60 ans et plus) devrait plus que doubler et passer de 12,7% de la population totale en 2018 à 26,5% en 2050, soit un taux d’accroissement annuel de 2,9% sur la période 2018-2050.

Le HCP fait remarquer que la progression du poids relatif des personnes âgées et l’élargissement de la couverture sociale aux salariés non couverts risquent de se traduire par une pression sur les régimes de retraite en place et donc sur l’économie en général. Les taux de couverture des personnes âgées mettent en lumière des situations différentes. Si moins de 20 % des plus de 60 ans touchent une pension au Maroc, ce pourcentage atteint 35% en Algérie et 38% en Tunisie.

Par ailleurs, la transition démographique, qui s’accompagne d’une mutation épidémiologique aurait comme conséquence une augmentation des dépenses de santé résultant d’une consommation de services de soins et de médicaments des personnes âgées supérieure à celle du reste de la population. Ce qui aura pour conséquence d’entraîner des répercussions lourdes sur les finances publiques. Ainsi, l’augmentation de la fréquence des principales pathologies du vieillissement de longue durée, notamment les cancers, les maladies cardio-vasculaires, le diabète, les troubles neurologiques et mentaux… qui accompagnent l’allongement de la durée de vie augmenterait le coût de la santé, dans des conditions où les exigences des aînés quant à la qualité des soins deviendraient croissantes.

Il faut noter que cette tranche de la société est fortement exposée aux maladies chroniques (53,3% des hommes et  66,6% des femmes). Il n’est pas inutile de rappeler que le ministre de la santé avait indiqué lors de la conférence des ministres africains des finances, de la planification et du développement économique (COM2019) de la Commission économique pour l’Afrique que la dépense totale en santé au Maroc a plus que doublé ces quinze dernières années et représente près de 6% du PIB. Le ministre avait souligné à cette occasion que la moitié des dépenses en santé est financée par les ménages. «La contribution de l’État, à travers les recettes fiscales, représente le quart de ces dépenses. L’assurance maladie, quant à elle, finance 22% des dépenses de santé», a-t-il précisé. Le vieillissement de la population constitue un défi social supplémentaire à relever.

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