Vieux sans-abris morts de froid: Le mea culpa de Hakkaoui

Vieux sans-abris morts de froid: Le mea culpa de Hakkaoui

Bassima Hakkaoui a mis à mal jeudi dernier à Rabat l’idée communément admise selon laquelle l’hiver marocain ne tue pas.

La ministre de la solidarité, de la famille, de la femme et du développement social qui présentait le bilan de sa 2ème campagne hivernale en faveur des vieux qui vivent dans la rue, a stupéfié son auditoire en déclarant que cinq personnes âgées sont mortes de froid dans la période allant du 13 janvier au 20 mars et alors même que leur sauvetage était en cours.

Composé essentiellement de donateurs et de représentants de la société civile, l’auditoire a vite traduit le message : ces cinq vieillards qui sont morts sous l’œil des sauveteurs, ce n’est que la partie visible de l’iceberg : au Maroc aussi le froid hivernal tue.

En annonçant la clôture officielle de la 2ème campagne hivernale de sauvetage des vieux en situation de détresse, la ministre n’a pas manqué de mettre en garde contre l’indifférence et l’égoïsme, tant il lui semble que la marginalisation des anciens ira croissant avec «la modernisation de la société et la nucléarisation de la famille».

Mettant en garde contre la montée des isolationnismes, elle a prôné un retour aux valeurs d’entraide et d’assistance mutuelle ancestrales et appelé à l’émergence d’une réelle «solidarité intergénérationnelle».

Présentant les ressorts de son action, la ministre a déclaré que c’est la nouvelle de la mort d’un vieillard dans une rue de Marrakech qui lui a inspiré l’organisation de la campagne. «Nous l’avons entreprise quasiment au jugé, sans rien savoir du nombre de la population cible, ni des moyens qu’il faut mettre en œuvre pour la mener à bien». La ministre a expliqué que si le pari a été tenu, c’est parce que les donateurs ont fait assaut de générosité et que la campagne de sensibilisation a pris au-delà des espérances les plus optimistes.

Sachant que le seul opérateur téléphonique qui a communiqué le nombre des appels au numéro d’alerte mis par le ministère à la disposition du public pour signaler la présence de vieux en détresse dans la rue a fait état d’une douzaine de mille de contacts, on peut en estimer le total à 30.000. En serait-il autrement que cela importerait peu, a estimé Bassima Hakkaoui pour qui l’important est que le public a réagi à «l’appel du cœur» lancé au cours de la campagne et qu’il a fait sien son thème : «Les sans-abris âgés, c’est notre  responsabilité à tous».

La ministre qui a avoué une plus grande part de responsabilité de son département dans cette situation a annoncé que «1.162 cas ont été traités». Parmi ce nombre, il y a eu 275 femmes, ce qui représente 23,6% du total. Ce qui l’a amenée à préciser que le critère n’est pas tant l’absence de domicile que l’indigence, certaines vieilles femmes vivant sous un toit –des taudis en fait–  mais dans un dénuement insupportable.

Sur les 1.162 personnes prises en charge, a précisé Hakkaoui, 616 ont été placées dans des asiles pour vieux, 73 ont été hospitalisées, 53 ont été accueillies à nouveau par leurs familles, 244 ont été prises en charge par des voisins et le reste a refusé toute aide.

Comme les régions ne sont pas sur le même rang en ce qui concerne les vieux jetés à la rue, la ministre a appelé à une approche régionale dans la recherche des solutions au problème. Sur le total des cas pris en charge en effet, le quart vient du Grand Casablanca, du Souss et de la région de Marrakech.

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