Viol à l’ombre de la palmeraie

Pour Aïcha, la chaleur de l’été de Marrakech ne l’empêche pas de retourner dans cette ville. Elle se rend chaque année dans la «perle de sud» qui la fascine par la couleur ocre de ses maisons et de ses remparts. Elle est attirée également par son architecture, son agitation continue, de jour comme de nuit, sa grande place Jamaâ-El Fna, ses souks bruyants. Le soir à Marrakech, elle préfère sortir pour se divertir, et profiter de la beauté de la ville. Elle termine sa soirée en mangeant dans un restaurant de la ville sis à la rue Dar El Bacha. Quand elle finit de dîner dans cette atmosphère empreinte de rythme Gnawi, elle sort pour prendre un taxi. Seule sur le trottoir, elle aperçoit un homme d’une cinquantaine d’années, les cheveux noirs, une cigarette entre les doigts s’approchant au volant d’une Golf grise. Il descend de la voiture et se dirige vers elle. Il l’aborde gentiment : «Je suis instituteur et je veux juste vous déposer là où vous voulez. Vous savez, à Marrakech la nuit est assez dangereuse» lui dit-il. Elle feind ne pas le voir. Alors le monsieur revient à la charge. Aïcha sourit et monte dans la voiture. L’homme lui demande sa direction. «Je séjourne à l’hôtel Tazi, sur l’avenue des Almohades», lui répond-t-elle. A mi-chemin, il change de direction. Aïcha ne comprend rien, elle s’interroge. Aucune réponse. L’instituteur freine dans un lieu obscur. Un jeune de vingt-cinq ans ouvre la portière et monte. Aïcha tente de sortir de la voiture. L’instituteur la saisit par l’épaule. Elle fond en larmes et les supplie de la laisser descendre. Le jeune la gifle violemment. L’instituteur démarre à toute vitesse. Aïcha pleure toujours et la peur lui noue le ventre. L’instituteur gare la voiture à six kilomètres du centre-ville. Aïcha sanglote. Menacée par un grand couteau et une machette, elle se dénude. L’instituteur la viole en premier et sort. Le jeune entre par la suite… Satisfaits, ils l’entraînent dans un terrain vague, et la laissent. Désemparée, Aïcha ne sait quoi faire, elle ne peut pas se tenir debout pour héler un taxi. Heureusement, un jeune garçon qui passait par là, la soutient jusqu’à l’arrivée d’un taxi. Au commissariat, les enquêteurs n’ont pas perdu une seconde pour entamer les investigations. Ils sont arrivés à mettre la main sur le plus jeune des deux violeurs.« Je m’appelle Abdellatif, je suis mécanicien, je ne l’ai ni enlevée ni violée», déclare-t-il devant les magistrats de la Cour d’Appel de Marrakech.

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