Viol collectif à bord d’un taxi

C’est le crépuscule. Il ne reste qu’une heure plus ou moins quelques minutes pour la tombée de la nuit. Ce n’est pas la première fois que Hayat s’oublie en dicutant avec sa cousine. Elle ne fait jamais attention au passage du temps à chaque fois qu’elle lui rende visite à Aïn Bayda, à la périphérie de Fès. C’est sa cousine et amie intime. Plus, c’est sa confidente, le coffre-fort de sa vie privée, la seule qui bénéficie de la confiance totale de Hayat. Cette dernière quitte le domicile de sa cousine, pour aller à l’autre côté du trottoir, en attendant l’arrivée d’un grand taxi.
“Fès !…Fès !…Fès !…“ crie un chauffeur de grand taxi.
Hayat ouvre la portière, monte, s’assoit à côté du conducteur. Il n’y avait qu’un seul passager occupant le siège arrière du taxi. Ils ont l’air d’être copains car ils n’arrêtaient pas d’échanger des blagues et de plaisanter.
“Ou allez-vous Lalla ?…“ demande le chauffeur à Hayat.
“Au boulevard Moulay Rachid, donnant sur la route de Sefrou…“, lui répond-t-elle. Un autre passager arrive et monte. Le chauffeur démarre, emprunte la route principale donnant sur le centre ville de Fès. À mi-chemin, le dernier arrivant descend. Hayat reste seule avec le chauffeur et le premier passager. Le chauffeur fait demi tour, se dirige vers la route donnant sur le complexe sportif. Un peu étonnée, Hayat fait la remarque au chauffeur qui ne répond pas, faisant semblant de ne pas l’entendre, et continue à converser avec le passager. Elle s’est tue. Le chauffeur continue son chemin. Hayat insiste.
“Eh monsieur…je vous ai dit que j’allais chez moi au boulevard Moulay Rachid…“.
Aucune réponse. Hayat commence à avoir peur, car le pire risque d’arriver. Elle pense soudain à ce que se racontaient les femmes sur les comportements louches de certains chauffeurs de taxi. Son coeur bat la chamade, “Ce n’est pas mon chemin !…“ crie-t-elle.
Affolée, elle tire violemment le chauffeur, lui demandant ce qu’il faisait. Le passager qui est au siège arrière sort son couteau, lui maintient le cou par son bras, et lui demande de se taire “ou bien je vais te tuer…“, menace-t-il.
Sous le coup de la terreur, elle se calme, elle ne peut plus ajouter un mot. Elle ne pense plus qu’à sa vie. Arrivé dans un lieu désert, le chauffeur freine. Le passager descend. Hayat, qui tremble déjà, commence à sangloter. Le passager lui demande de se taire, mais elle n’y pouvait rien, les larmes coulent de ses yeux en cascade. Elle reste avec le chauffeur.
«Déshabille-toi !» lui ordonne-t-il. Elle refuse de s’exécuter. Il la gifle, lui assène un coup violent. Elle hurle, sanglote. Sans pitié, il lui déchire sa djellaba, lui arrache jupe, pantalon et culotte. Elle finit par se soumettre. Le chauffeur abuse d’elle avec violence. Il était comme un monstre, comme un loup qui déchiquette le corps de sa proie. Lorsqu’il a apaisé ses instincts, il lui ordonne d’attendre l’ami qui était avec eux à bord du taxi. Lorsque ce dernier la viole, elle n’a même plus la force de pleurer. Une fois satisfait, l’homme la pousse hors du taxi, sans même la laisser se rhabiller, comme s’il recrachait quelque chose d’indésirable. Le chauffeur du taxi démarre. Hayat sanglote, se rhabille, se lève et marche lentement pieds nus. À grand-peine, elle arrive à un boulevard principal, monte dans un bus. Elle essaie de retenir ses larmes. Elle ne voulait pas attirer l’attention de sa mère. Elle a essayé de garder ce secret et de ne le dévoiler qu’à sa cousine et amie. Mais elle n’y est pas arrivée. Elle s’est rendue deux jours plus tard chez la Police Judiciaire, qui n’a aménagé aucun effort pour mettre le duo hors d’état de nuire. Le chauffeur Saïd, trente-deux ans et son ami, Abdelkader, vingt-cinq ans, sont actuellement entre les mains de la justice, attendant leur jugement. Mais l’âme de Hayat est complètement brisée, n’importe quel châtiment ne peut lui rendre la vie.

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