Viol collectif d’un mineur

Salah ne savait pas que ce mercredi du mois de septembre ne serait jamais comme les autres jours. S’il en avait eu la moindre idée, il ne serait pas sorti de chez lui. Il a seulement douze ans et il ne lui reste que quelques jours pour la rentrée scolaire afin de se préoccuper de ses leçons. Il est en sixième année de l’enseignement fondamental. Il est quinze heures.
Salah sort de chez lui après avoir pris son déjeuner. Ses amis du quartier sont encore chez eux. En les attendant, il se permet de marcher tout au long de la rue pour dévier vers une rue à droite, donnant sur le grand boulevard.
D’un pas à l’autre, Salah s’est trouvé de quelques centaines de mètres plus loin de sa demeure. Ce n’est pas la première fois qu’il fait un tel tour aux environs de son quartier. C’est la énième, au point qu’il peut y passer les yeux fermés. Mais cette fois-ci, le passage va marquer sa vie et la vie de la région. Les Khouribguis n’avaient jamais entendu parler d’une affaire similaire à celle qui allait arriver à Salah. Ils savent que leur ville est réputée pour les rabatteurs qui recrutent les jeunes candidats à l’émigration clandestine par les faussaires des documents administratifs nécessaires pour les rêveurs de l’Eldorado et des papiers des voitures volées. Enlever un mineur de douze ans, le torturer? Et par cinq jeunes hommes ?
Non, ils ne sont pas habitués à ces crimes crapuleux et sordides. Salah longeait le boulevard, prenait une petite ruelle qui donne sur la rue principale, tournait les yeux à gauche et à droite. La curiosité de son innocence l’encourageait à freiner de temps en temps pour regarder les autres enfants qui jouaient au ballon, qui couraient à droite et à gauche, qui jetaient des projectiles, qui criaient à haute voix…
«Regarde, regarde…», crie un enfant pour attirer l’attention de son ami qui jouait au ballon.
Une voiture, Mercedes 240, de couleur bleue, freine près des pieds de Salah, un des cinq jeunes qui étaient à son abord ouvre la portière de derrière, descend très vite, saisit le bras gauche de l’enfant, le tire en un clin d’oeil pour le remonter. La voiture s’est lancée comme une flèche au point que les enfants ne sont pas arrivés à identifier au moins un élément des kidnappeurs. Salah criait, pleurait, résistait. Mais en vain. L’un des kidnappeurs le giflait, le frappait violemment et sans la moindre clémence.
Ils étaient cinq jeunes hommes, âgés de vingt-deux à vingt-six ans. Leurs têtes tournaient sous l’effet du vin rouge qu’ils buvaient depuis midi. Le chauffeur conduisait follement au point qu’il ne s’est rendu compte d’aucun feu rouge, ni des plaques de signalisation de Stop. Il n’a freiné qu’une fois arrivé à un terrain vague, à la périphérie de Khouribga. Salah pleurait encore. L’un des kidnappeurs l’a giflé une fois encore, lui a ouvert, avec violence, la bouche, et il en a versé un premier verre de vin rouge, puis un deuxième et un troisième. Il l’a obligé à boire d’autres verres alors qu’ils riaient et bavardaient.
Quand l’enfant a commencé à perdre conscience, quatre des kidnappeurs sont descendus de la voiture, laissant un seul avec lui, qui lui a ôté les vêtements et l’a sodomisé. Lorsqu’il a terminé, un deuxième est monté dans la voiture, puis le troisième, le quatrième et le cinquième. Une fois qu’ils ont terminé, ils ont rebroussé chemin pour jeter l’enfant dans une ruelle jouxtant celle où ils l’avaient enlevé. Découvert par des passants, l’enfant a été transporté vers les urgences de l’hôpital Hassan II. Ses parents ont porté plainte contre les kidnappeurs dont l’un n’habite pas loin de Salah. Ils ont été mis hors d’état de nuire et mis entre les mains de la justice. Une justice qui ne peut en aucun cas cicatriser ce malheur qui hante encore l’esprit de Salah et de la ville.

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