Viol collectif d’une ouvrière

Lieu : Hay Hassani ; un quartier chaud de Berrechid.
La date : Mardi 25 décembre 2001; un jour de pluie torrentielle.
L’heure : 21h 30mn.
Rachida vient de descendre du bus du transport du personnel de la société où elle travaille. Il est vraiment tard. Mais qu’est-ce qu’elle peut faire. Elle n’est pas la seule. Le gagne-pain l’oblige, elle et les autres, d’accepterce travail. Le bus l’emmène quotidiennement avec ses collègues, du quartier industriel aux divers autres lieux de Berrechid. Mais pour Rachida, le chauffeur ne peut dépasser Hay Hassani, près de la station des bus de transport en commun. Il lui fallait plus de cinq cents mètres pour qu’elle arrive à sa demeure. Elle ouvre son parapluie et prend, toute seule, son chemin.
«Quelle vie de merde», proteste-t-elle. Elle croit au Destin, mais elle est convaincue que sa vie pourrait être mieux si les conditions matérielles étaient disponibles.
Rachida a vingt-six ans, une taille svelte, un visage rond aux beaux yeux. Personne ne peut contester de sa beauté. «J’aurais dû choisir la prostitution qui me rapporterait gros au lieu de me livrer aujourd’hui au chef», disait-elle à ses collègues lorsqu’elles lui expliquent que le chef l’adore, l’aime beaucoup au point qu’il peut lui faire quoi que ce soit si elle voulait seulement sortir avec lui. «Il suffit qu’ils satisfont leurs besoins, ces hommes-là pour qu’ils te rejettent comme une chienne.», leur a-t-elle ajouté. Elle maudit les circonstances qui l’ont emmenée à une telle situation. Elle poursuit son chemin à destination de sa demeure. En un clin d’oeil, elle se rend compte que deux jeunes la suivent. Ses pas prennent une vitesse qui dépasse celle des battements de son coeur.
Bachir et Saïd deux amis, d’une vingtaine d’années, abandonnés par leur famille, l’école et par la société. Ils deviennent des SDF. Ils ne se préoccupent maintenant que de leur dose en alcool et en comprimés psychotropes. Ce jour-ci, ils ont bu du «Mahia» (eau de vie) et ont avalé des «Boula Hamra» et de «L’Âoud Labied». Ils agressent les passants pour avoir de l’argent. Ils sont tous les deux des repris de justice.
Les pas et le coeur de Rachida accroissent leur vitesse comme s’ils participent à un marathon. Mais elle n’a pas de chance. Saïd l’attrape, la saisit par sa djellaba verte. Elle tente de crier. Saïd fait sortir son couteau à cran d’arrêt. Bachir la menace avec un tesson de bouteille. Sans hésitation, Saïd commence à la rouer de coups de poing et de pieds. Rachida s’écroule. Ils la tirent violemment. Elle crie, demande du secours. Mais personne n’est là. Bachir lui enlève son foulard, lui ligote les mains, la dénude. Rachida est toute nue. Ils continuent de la frapper jusqu’au moment où elle a ouvert ses cuisses. Ils l’ont violée, sodomisée à tour de rôle.
Ils n’ont pas hésité une seconde de l’ordonner de faire comme-ci et comme-ça. Muette et les larmes aux yeux, Rachida exécute sans discussion. Vers minuit, ils l’ont abandonnée et ils ont pris la poudre d’escampette. Rachida à pas lents, arrive chez elle, se jette entre les bras de sa mère en pleurant. À ce moment, son père l’accompagne au commissariat de police et dépose plainte. Le premier jour de l’année en cours, le duo a été arrêté et déféré devant la Chambre Criminelle près la Cour d’Appel de Settat. Mais une grande cicatrice blesse le coeur et l’âme de Rachida qui ne verrait, depuis, des hommes, que des monstres. Rêvera-t-elle un jour d’avoir une relation avec un homme?

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