Violée par son employeur

Violée par son employeur

Arrivée en ville à l’âge de vingt-ans, Aïcha est déjà dotée d’une expérience de cinq ans en corvées de tout genre. Issue d’une famille très démunie, la jeune fille n’avait pas le choix que d’affronter de face la dureté de la vie, alors que les filles de son âge sont encore au lycée ou dans des centres de formation.
Depuis cinq ans donc, elle va chaque matin au «Moquef» en quête d’un éventuel employeur le temps d’une journée au moins pour gagner juste de quoi survivre. Mais les journées ne se ressemblent pas.
Des fois, elle parvient à trouver une quelconque besogne, d’autres fois, le plus souvent, elle rentre bredouille.
L’offre dépasse largement la demande dans ce genre de situation sauf pendant quelques périodes de l’année lorsque les agriculteurs ont besoin de la main-d’oeuvre, vidant ainsi le Moquef durant la récolte. Ce jour-là, et pendant qu’Aïcha est en train de guetter un demandeur, un jeune homme qui monte un cyclomoteur l’aborde et lui recommande de l’accompagner. «Ouf, j’aurais quand même quelques dirhams à mettre dans la poche d’ici ce soir», se dit Aïcha qui n’a pas attendu longtemps, cette matinée. Elle se hâte d’approcher le jeune homme en souriant.
Ce dernier la surprend en lui demandant de monter derrière lui, et elle esquisse un geste d’hésitation. « Tu veux travailler oui ou non ?», lui demande le jeune homme. « Si, si je veux bien mais où devrais-je t’accompagner pour travailler ? ». Le jeune au cyclomoteur la rassure en lui indiquant que l’endroit n’est pas loin. Que faire ? Suivre cet inconnu Dieu sait où, serait risqué ? L’envoyer promener reviendrait à renoncer à une somme d’argent dont sa famille a fichtrement besoin. Finalement, elle décide de l’accompagner. Après tout, ce ne sont que des craintes et ce jeune homme n’a rien d’inquiétant d’après son apparence et sa façon de parler.
Le cyclomoteur prend la route sans que le jeune homme n’adresse un mot à sa recrue. La route devient longue aux yeux de Aïcha qui retrouve ses craintes de tout à l’heure. « Mais tu as dit que ton domicile n’était pas loin ? », demande-t-elle.
Poursuivant son chemin, l’homme ne répond pas. L’inquiétude de la jeune fille monte d’un cran. Une quinzaine de kilomètres plus loin, l’employeur s’arrête et Aïcha essaye de se réconforter en voyant une sorte de construction au milieu des champs qu’elle a pris pour la demeure où elle va travailler.
Effectivement, l’homme lui demande de la suivre dans la même direction mais vers un abri à côté de la demeure. Là, la jeune fille reste figée.
L’endroit n’est pas tellement accommodé à un travail de ménage. Pendant ce temps, le jeune homme ouvre le portail et sans attendre, tire Aïcha par les mains à l’intérieur de ce qui s’est révélé être une écurie. Elle tente de protester et commence à élever la voix, mais le jeune homme ne lui en laisse pas l’occasion.
Il brandit un long couteau avec lequel il la menace. « Un mot et je te crève », lui intime celui qu’elle prenait pour un garçon de bonne famille. Dénudée de toute volonté en cédant à la peur, la jeune femme est comme paralysée. Ce qui fera l’affaire du jeune obsédé qui va abuser d’elle jusqu’à assouvir son désir bestial. Meurtrie, elle se rend finalement compte qu’elle vient de perdre sa virginité qu’elle gardait farouchement pour des jours meilleurs, lorsque l’être qu’elle chérit viendrait la sauver de son univers misérabiliste.
Aïcha n’arrête pas de pleurer sans dire quoi que ce soit. Son violeur, rassasié, semble beaucoup plus calme. « Je vais te dénoncer aux gendarmes », lui lance-t-elle violemment, comme si elle ne craignait plus rien. Contre toute attente, le jeune homme la prend entre ses bras dans un geste de regret et tente de la calmer.
Plus inattendu encore, pour se racheter, le jeune homme promet même à Aïcha de la demander au mariage et lui indique l’adresse de ses parents avant de la reconduire là où il l’avait «recrutée».
« Dans deux jours, mes parents viendront chez les tiens pour demander ta main », telle fut la phrase sur laquelle ils se séparèrent. Mais plus d’une dizaine de jours sont passés sans que le futur marié ne donne de ses nouvelles.
Aïcha n’avait pas parlé de sa mésaventure à ses parents et décide de divulguer son secret au bureau de la Gendarmerie royale.
Les éléments de la brigade, après avoir écouté son histoire et enregistré sa plainte, l’accompagnent à l’adresse que lui avait indiquée celui qui se faisait appeler Abdellah.
Arrivés à destination, le père du dénommé Abdellah leur confirme que ce dernier se trouvait à Casablanca depuis un mois !!
Les gendarmes entament leurs recherches qui finiront par aboutir en alpaguant le coupable. Agé de vingt-six ans, le jeune homme n’a pas tenu longtemps devant les enquêteurs pour passer à table.
En fait, il était effectivement à Casablanca, mais il est retourné dans la région sans en aviser ses parents et a emprunté le vélomoteur chez un ami à lui. Après le délit, il est retourné le jour même à Casablanca. Présenté devant le tribunal, Abdellah paye son erreur par quatre ans de prison ferme.

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