Visite guidée dans un Centre post-carcéral

Visite guidée dans un Centre post-carcéral

Akram, 22 ans, affiche un large sourire au terme d’une entrevue avec le coordinateur du Centre post-carcéral, Belvédère, Roches Noires, à Casablanca. « Je viens d’apprendre que j’ai été embauché par une usine de fabrication d’autocars, à Aïn Sebaâ», annonce-t-il, d’un ton jovial, mêlé, néanmoins, d’un zeste de crainte. « Les employeurs ont, généralement, du mal à prendre des personnes qui ont fait de la prison », déplore-t-il. « Après avoir été libéré en décembre 2005, j’ai dû taper aux portes de plusieurs usines.
En dépit de mon diplôme en électricité-bâtiment, de ma formation en hôtellerie, je n’ai pas réussi à me caser. Tellement j’étais contrarié par mon passé carcéral », dit-il, en désespoir de cause. Mais, en apprenant, hier matin, l’heureuse nouvelle, il veut maintenant changer d’avis. De vie. Mais, à qui Akram doit, alors, cette trouvaille quasi providentielle ? « Sans le soutien du Centre post-carcéral, je n’aurais jamais pu trouver un emploi », insiste-t-il, reconnaissant. Hassan Harrouchi, coordinateur dudit centre, révèle que, sur une vingtaine de demandes d’emploi, «nous avons pu, jusqu’ici, satisfaire une douzaine ». Relevant de la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des ex-détenus, ce centre, depuis son inauguration par SM le Roi, connaît une intense activité.
Construit sur une superficie habitable de 85 mètres carrés, ce centre mène, en étroite collaboration avec différents intervenants sociaux, une action efficace au service des ex-détenus. Parmi ses partenaires, on peut citer l’Anapec, l’USAID, et l’Association Zagora. L’Anapec, qui a mis à la disposition du centre une borne électronique destinée à l’enregistrement des demandes d’emploi, contribue à la préparation professionnelle de l’ex-détenu. Parmi ses tâches, montrer à ce dernier comment, par exemple, chercher un emploi, passer un entretien, rédiger un CV…
L’Association Zagora, elle, octroie des microcrédits pour la réalisation de projets sociaux , alors que l’USAID se charge des études de marché. En plus de ces intervenants, le centre, explique son coordinateur, « fait appel à des coopératives spécialisées pour éclaircir les procédures juridiques à entreprendre en vue de la réalisation d’un projet ».
Au-delà de la recherche de travail, -une tâche, précise notre interlocuteur, qui n’a pas valeur d’ « obligation »-, le Centre est appelé à accompagner, psychiquement et socialement, le détenu à l’approche de sa libération, mais aussi et surtout après son élargissement. «Notre tâche consiste, d’abord, à préparer le détenu à sa libération, puis à l’accompagner, sur le plan psychologique et social, durant sa période post-carcérale », explique Hamid Farah, employé du Centre. « Trois mois avant l’élargissement, poursuit-il, le centre envoie, au sein de la prison, des accompagnateurs sociaux, en vue de préparer le détenu à sa libération.
Notre tâche se définit comme suit: identifier les besoins du détenu, ses inclinations, ses aptitudes, sur la base de la formation professionnelle qu’il a acquise durant la période carcérale ».
A ce moment-là, « nous procédons à une sélection des personnes que nous pourrions accompagner à titre post-carcéral », ajoute-t-il.
Situé en plein centre du Belvédère, le Centre post-carcéral de Casablanca est constitué de plusieurs services: bureau de coordination générale, cellule spécialisée, accompagnement social, salle d’informatique, salle de réunion, en plus d’un bureau d’accueil. A l’extérieur, un grand espace de divertissement est mis à la disposition des personnes concernées.
Un beau cadre pour aider les ex-détenus à se réinsérer dans leur société.

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