Vivre son cancer à l’hôpital

Les services de l’Institut national d’oncologie Sidi Mohamed Ben Abdallah s’étendent sur 4 étages, fraîchement repeints. A l’entrée, à gauche des deux ascenseurs souvent en panne, une toile de ce Sultan dont l’hôpital porte le nom semble veiller sur les malades et le personnel de santé. Les grands couloirs sont propres. C’est une société privée de nettoyage qui s’en occupe. Uniquement des couloirs et jamais les chambres des patients. Ici, les malades viennent de loin et très souvent dans un très mauvais état. La salle de réanimation, aux murs et aux portes roses, est quasi-pleine, entre malades et visiteurs. Les infirmiers ont l’habitude de voir les « mouhssinines », les bienfaiteurs, déambuler dans les couloirs et visiter les malades. En cette fin de mois de novembre, il y a comme pénurie dans l’air. Pas de médicaments, pas de fil, pas même le minimum vital. «Une question de budget qui doit être bouclé à la fin du mois de décembre», explique mystérieusement un infirmier. Les opérations sont reportées jusqu’à ce que les familles achètent le fil. Même les analgésiques les plus simples –mais combien nécessaires pour soulager les douleurs après une chimio- sont à la charge des malades. Dans les chambres spacieuses mais à la propreté douteuse, les patients sont placés à deux, trois et quatre. Les lits n’ont pas de drap. Il faut prendre place sur un matelas uniquement recouvert d’un plastique. Et attention à ne pas oublier les couvertures. Pourtant, les cancéreux du bidonville de Douar Chbanat sont presque heureux quand ils y sont hospitalisés. Mais ils ne comprennent toujours pas pourquoi ils ne peuvent trouver place, dans l’attente d’un rendez-vous, au 4ème étage, dans ce pavillon condamné, composé d’une quinzaine de chambre, et qui fait face au service de radiothérapie. Comme ils ne comprennent pas l’utilité de ce pavillon qui vient d’être construit grâce à des dons des amis de l’hôpital d’onconlogie. Un pavillon appelé pompeusement accueil qui comprendra une cafétéria et un service destiné à l’écoute des familles. «Nous avons besoin de bien plus urgent», soupire une rescapée du bidonville.

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