Volte-face de la justice Italienne

Un immigré marocain, victime d’une erreur judiciaire, a obtenu d’une juridiction milanaise le droit à un dédommagement pour avoir été condamné par erreur à une peine de prison, dont il a purgé 164 jours pour un délit qu’il n’avait pas commis. Aux termes du jugement, il devait encaisser une indemnisation de 16,4 millions de lires (environ 87 mille dirhams), mais Youssef Lamhioui, un immigré clandestin, n’en recevra en réalité pas un sou, pour la simple raison, qu’au moment du jugement, il s’était présenté au juge sous la fausse identité de alias Youssef Sadik. Les faits remontent au 7 mai 1989, lorsque la police italienne était intervenue pour réprimer une bagarre à main armée au parc Sempion de Milan, arrêtant cinq ressortissants marocains, parmi lesquels se trouvait Youssef qui a été blessé par balle à la jambe. A la suite de la bagarre, Youssef Lamhioui et ses compatriotes avaient été présentés à la justice le 8 juillet 1999. Il s’est avéré que ce dernier avait été blessé à l’aide d’une arme à feu par un de ses compagnons, qui était sous l’effet de l’alcool, alors qu’ils débattaient d’un sujet de football. Les trois autres étaient alors intervenus pour porter secours à leur ami blessé. Innocenté par la cour de première instance, Youssef, assisté d’un avocat italien, a fait un recours auprès de la cour d’appel de Milan pour réclamer et obtenir des dédommagements pour avoir été condamné par erreur à une peine de prison pour un délit qu’il n’avait pas commis. Cependant après avoir obtenu gain de cause, le malheureux Youssef s’est retrouvé dans l’incapacité de percevoir l’indemnisation qui a été attribuée au nom de alias Youssef Sadik et que le trésor public se refuse encore à lui accorder pour la non-concordance des deux identités. Il risque même d’être expulsé pour séjour irrégulier en Italie. En commentant cette impasse, l’avocat de Youssef, Marco Baroncini a souligné que « pour l’Etat, il a été possible d’arrêter un homme sans se préoccuper de sa véritable identité, de le condamner et de l’enfermer en prison pour 164 jours. Mais, après l’annulation de la condamnation, cette identité est devenue si importante que le sort de la personne qui devait être dédommagé pour une détention injuste importait peu ».

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