«Watanouna» réussit son pari

«Watanouna» réussit son pari

Plusieurs milliers de personnes se sont donné rendez-vous, dimanche matin à Rabat, dans une longue marche de solidarité et de soutien aux séquestrés marocains de Tindouf. Dans une ambiance quasi festive et en présence d’un nombre très réduit de forces de l’ordre, les manifestants, venus des quatre coins du Maroc, ont scandé des slogans mettant les autorités algériennes devant leurs responsabilité et exhortant le «peuple algérien frère» à faire pression contre son gouvernement pour que la «misère des détenus marocains, civils et militaires, prennent fin immédiatement».
Des leaders et des parlementaires de plusieurs partis politiques ainsi que des ministres et secrétaires d’Etat, notamment de l’Istiqlal, l’USFP, l’UMP, le PJD ont répondu, masivement, à l’appel de l’association Watanouna, pour que la marche du 6 mars soit un «appel populaire audible au-delà des frontières marocaines».
Un nombre incalculable de jeunes et de moins jeunes longeaient l’avenue Mohammed V, partant de la place de Bab El Had jusqu’à Bab Errouah, plus de 3 kilomètres plus loin. Des associations de quartiers, des écoliers, des représentants de la communauté juive marocaine, des artistes, des clubs sportifs, des associations de diplômés chômeurs… toutes les composantes de la société marocaine étaient là. Elles sont venues des provinces du Sud, mais également d’Agadir, Khouribga, Salé, Casablanca, Meknès, Fès, Figuig, Tanger, Al Hoceïma… bref, toutes les régions marocaines étaient représentées dans ce «cri du coeur».
Les islamistes étaient, à ce titre, fortement représentés, à travers l’association Attawhid Wal Islah, le think-tank du PJD, mais aussi par le biais de plusieurs autres associations provenant essentiellement de la ville de Kénitra. Les grands absents ont été nombreux, c’est le cas des syndicats et des partis de gauche.
En tout cas, la marche du dimanche 6 mars 2005 restera gravée dans l’Histoire. Chaque groupe scandaient ses propres slogans, ce qui a fait dire à certains que la marche étaient mal organisée. «En fait, nous n’avons pas voulu dicter aux manifestants ce qu’ils devaient dire, l’essentiel c’est que le message est toujours le même : la libération immédiate et sans condition des détenus marocains dans les camps de Tindouf», a affirmé un des organisateurs.
Pour Rachida Benmessaoud, députée usfpéiste, «cette marche représente une véritable continuité de la Marche verte, toutes les composantes de la société marocaine sont ici, c’est en définitive une lettre ouverte aux instances internationales qui insiste sur le fait que le problème du Sahara est une affaire maroco-algérienne».
Venu de Smara, El Idrissi Bellali, président de l’association Al Massira Wal Mostaqbal, a souligné lui-aussi, que la marche du dimanche est adressée en premier lieu aux organismes internationaux. «Il est inconcevable que 15 ans après le cessez-feu, le polisario et l’Algérie continuent à retenir des citoyens Marocains, c’est une violation flagrante de toutes les conventions internationales», a souligné Bellali. Ce dernier a émis une proposition intéressante : «Pourquoi l’Algérie et le polisario ne permettent pas aux séquestrés de circuler librement. Et c’est à ces détenus que reviendra le choix de rentrer au Maroc ou d’aller ailleurs».
L’association des présidents des conseils préfectoraux et provinciaux s’est elle-aussi mobilisée pour participer massivement à la marche. Un communiqué rendu public à cette occasion, et signé par le président Mohamed Mansouri, a appelé «tous les élus algériens» à oeuvrer pour que le conflit entre les deux pays soit résolu de manière civilisée et non pas par la provocation.

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