Youssef fikri défie la cour

«Oui, je reconnais avoir tué plusieurs ennemis de Dieu…Et ce procès n’est autre qu’une pièce de théâtre…», a claironné l’«émir de sang», Youssef Fikri, devant la chambre criminelle près la cour d’appel de Casablanca. Il n’a pas laissé, hier matin, le président de la cour reprendre ses interrogations et a qualifié le dossier d’« affaire montée par les services secrets». Il a en outre refusé de s’expliquer sur une blessure qu’il a à la main. Puis, il s’est écrié: «Ce n’est pas un tribunal !… ». Aussitôt, Lahcen Tolfi, le président de la cour, lui a demandé de retourner à sa place et a demandé aux policiers de le faire sortir de la salle d’audience. Appelé à la barre, Saleh Zarli, alias Talha, 33 ans, a nié les charges retenues contre lui. Ce MRE, père de deux enfants, a affirmé avoir émigré en Italie, ajoutant qu’il était retourné au Maroc pour se marier. En décembre 2000, il a regagné l’Afghanistan depuis Rome, ayant transité par l’Iran. «Je ne pouvais plus supporter la dépravation des Européens et j’ai décidé d’émigrer avec ma famille en Afghanistan…», explique-t-il. Ben Laden lui aurait remis un don de 17 dollars, en présence du Mollah Omar. «J’ai prié avec Ben Laden, que Dieu le garde, et j’ai assisté à ses cours…». De retour au Maroc, après le 11 septembre 2001, il a commencé à aider des Afghans marocains à avoir des passeports pour rentrer au pays. A ce propos, il a contacté un “Harrag“ à Ben Slimane et un autre à Khouribga pour l’achat de 15 passeports dont il a envoyé 7 à ses “frères“ en Malaisie et 8 à Istanbul. Quant à Abderrazak Fawzi, alias Abou Zaïd, 29 ans, marchand ambulant, père d’un enfant, il s’est montré surpris quand le président lui a demandé des explications sur la constitution d’une cellule d’intégristes à Lahraouiyine qui a pour objet l’attaque d’intérêts juifs au Maroc. Il a reconnu être en relation avec Saleh Zarli et d’autres qui étaient en Afghanistan. Bouchaïb Guermaj, alias Saïd, 37 ans, menuisier, célibataire, a affirmé être licencié en Droit privé et avoir travaillé quelque temps avec un expert judiciaire. Il fréquentait la mosquée Annour au quartier Beauséjour à Casablanca avant de regagner l’Afghanistan, via le Pakistan. Après les événements du 11septembre, il a quitté ce pays via l’Iran. Là, il a été arrêté pour être refoulé vers la Syrie, puis vers la Turquie et enfin au Maroc. Il a reconnu avoir des relations avec Mohamed Damir et d’autres membres du réseau Fikri.

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