Zapatero, en rupture avec les conservateurs

C’est sous le signe de l’espoir que tout le monde place la visite au Maroc de M. Jose Luis Zapatero, chef de file des socialistes espagnols. L’espoir que cette visite, initiée par l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et intervenant au moment où les relations maroco-espagnoles sont au plus bas, puisse favoriser de meilleurs horizons entre Rabat et Madrid. Un voeu que M. Zapatero, a clairement exprimé à l’issue de ses entretiens avec le Premier ministre Abderrahmane Youssoufi et chef de file des socialistes marocains. Le chef du parti socialiste espagnol (PSOE) qui n’a pas hésité à exprimer sa « surprise » quant à la polémique suscitée en Espagne par sa visite au Maroc. Un déplacement qui lui aura permis de dégager «une affirmation réciproque du gouvernement marocain et de la délégation du PSOE» d’oeuvrer à « faire baisser la tension née ces dernières semaines», entre Rabat et Madrid. Cette volonté, José Luis Zapatero l’attribue à «l’ensemble de la société espagnole», se démarquant ainsi des positions des conservateurs espagnols, le Premier ministre José Maria Aznar en tête. C’est dans ce cadre que le leader socialiste se dit « partisan de la relance immédiate des champs du dialogue » entre les deux pays, au moment où les conservateurs au pouvoir en Espagne avaient coupé les ponts dès le rappel par le Maroc de son ambassadeur à Madrid, suite à la multiplication des positions espagnoles hostiles au Royaume. Pour M. Zapatero, tout contentieux entre les deux pays voisins peut trouver une issue politique, d’autant plus, qu’estime-t-il, les blocages sont dus à des « sujets particuliers » qui peuvent trouver solution par voie de dialogue. Tout y passe. Le dossier de la pêche, remis à l’ordre du jour par l’invité espagnol de l’USFP au cours d’entretiens avec le chef de la diplomatie marocaine Mohamed Benaïssa, auxquels a assisté Saïd Chbaâtou ministre des Pêches. Le dossier de l’immigration clandestine, avec la reconnaissance des efforts déployés par le Maroc sur ce chapitre. La question du Sahara qui a permis au responsable espagnol d’exprimer la position du PSOE qui entend « donner l’opportunité à l’initiative des Nations unies » pour tenter d’arriver à un accord. Et, dans un cadre plus global, la coopération euro-méditerranéenne, avec la promesse, dans la perspective de la prochaine présidence espagnole de l’UE, de « pressions » sur le gouvernement Aznar pour la « réactivation » du processus de Barcelone de 1995 et un positionnement plus tourné vers le sud, donc vers le Maroc, au moment où l’union lorgne de plus en plus vers l’Europe centrale.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *